IntroductionIn Quebec, the P-38.001 Act (P-38) allows police officers or crisis workers, under exceptional circumstances, to bring individuals at risk of harming themselves or others to the Emergency Department (ED) against their will. Data on the application of this Act remains limited.ObjectivesWe aimed to determine the prevalence of P-38 use among ED patients with mental health presentations and to compare their characteristics, clinical course, and outcomes with those who sought care voluntarily.MethodsWe conducted a retrospective cohort study using a Public Health Agency of Canada-approved mental health database. Patients aged ≥14 years presenting to 5 EDs for mental health reasons in 2020-2021 were included. The main outcome, enforcement of P-38, was abstracted from medical charts. Information on care trajectory and management was also collected. Relative risks (RR) were estimated using modified Poisson regression with robust variance.ResultsAmong 15,021 mental health-related ED visits, 860 (5.7% [95% CI: 5.4-6.1]) involved enforcement of the P-38 Act. Mean age was 41.1 ± 16.5 years, with 46.1% aged 25-44, and 54.4% being male. Most lived independently (85.4%), arrived by ambulance (80.5%), and had a documented mental health history (92.2%). A higher proportion were materially deprived (P = 0.020). Compared with patients who voluntarily consulted in the ED, those under P-38 were more likely to be restrained (RR: 1.68 [95% CI: 1.45-1.94]), placed under preventive confinement (RR 3.41 [95% CI: 2.96-3.93]), receive multidisciplinary assessment (RR: 1.70 [95% CI: 1.59-1.80]), and be hospitalized (RR: 1.36 [95% CI: 1.24-1.48]).ConclusionEnforcement of P-38 accounted for nearly 6% of mental health-related ED visits, disproportionately affecting materially deprived individuals in early to mid-adulthood with prior mental health disorders. Our findings suggest a reliance on coercive and short-term measures, underscoring the need for targeted policy efforts to expand community-based crisis intervention alternatives for this vulnerable population. Au Québec, la loi P-38.001 (P-38) permet aux agents de la paix ou aux intervenants d’un service d’aide en situation de crise, dans des circonstances exceptionnelles, d’envoyer au service des urgences, contre leur gré, les personnes qui présentent un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Les données sur l’application de cette loi demeurent limitées. Nous avons cherché à déterminer la fréquence du recours à la loi P-38 pour amener des patients qui présentent un problème de santé mentale au service des urgences et à comparer leurs caractéristiques, leur évolution clinique et leurs résultats avec ceux des patients qui ont sollicité des soins de façon volontaire. Nous avons mené une étude de cohorte rétrospective à l’aide d’une base de données sur la santé mentale approuvée par l’Agence de la santé publique du Canada. Les patients âgés de 14 ans et plus qui se sont présentés à cinq services des urgences pour des raisons de santé mentale en 2020-2021 ont été inclus. L’issue principale, soit l’application de la loi P-38, a été obtenue à partir des dossiers médicaux. Des renseignements sur la trajectoire clinique et la prise en charge ont également été recueillis. Les risques relatifs (RR) ont été estimés à l’aide d’une régression de Poisson modifiée avec une variance robuste. Parmi 15 021 visites aux services des urgences liées à la santé mentale, 860 (5,7% [IC à 95% : 5,4 à 6,1]) impliquaient l’application de la loi P-38. L’âge moyen était de 41,1 ± 16,5 ans, 46,1% des patients étant âgés de 25 à 44 ans et 54,4% étant des hommes. La plupart des patients vivaient de façon autonome (85,4%), sont arrivés par ambulance (80,5%) et avaient des antécédents documentés en matière de santé mentale (92,2%). Une proportion plus élevée de patients étaient démunis sur le plan économique (p = 0,020). Comparativement aux patients qui se sont rendus au service des urgences volontairement, les patients amenés contre leur gré en vertu de la loi P-38 ans étaient plus susceptibles de faire l’objet d’une contention (RR : 1,68 [IC À 95% : de 1,45 à 1,94]), d’être placés en confinement préventif (RR : 3,41 [IC à 95% : de 2,96 à 3,93]), de faire l’objet d’une évaluation multidisciplinaire (RR : 1,70 [IC À 95% : de 1,59 à 1,80]) et d’être hospitalisés (RR : 1,36 [IC À 95% : de 1,24 à 1,48]. Près de 6% des visites au service des urgences liées à la santé mentale impliquaient l’application de la loi P-38, et touchaient de façon disproportionnée des personnes démunies sur le plan économique du début au milieu de l’âge adulte qui avaient des antécédents de troubles de santé mentale. Nos résultats suggèrent un recours à des mesures coercitives et à court terme, ce qui souligne la nécessité d’efforts stratégiques ciblés pour élargir les options d’intervention communautaire en cas de crise pour cette population vulnérable.