Long-lasting insecticidal nets (LLINs) are widely used in sub-Saharan Africa to reduce the transmission of malaria. Their operational lifespan under field conditions depends on many factors. This article presents some of the factors associated with the decline in LLIN efficacy in urban and rural settings in Kribi, southern Cameroon. This study, conducted in 2019, aimed to evaluate the usage and residual efficacy of the nets against two strains of Anopheles gambiae s.l.: a local strain with an unknown insecticide susceptibility status and a sensitive reference laboratory strain. A total of 540 households were surveyed. LLIN coverage was similar in rural (69.0%) and urban (68.6%) areas. The proportion of children under five years of age using LLINs was comparable in both settings (88.6%: 651/735). PermaNet 2.0 nets were more degraded than other brands in rural areas, while Yorkool nets were more degraded in urban areas. Mortality rates for the Kisumu strain ranged from 21.6% to 99.6% for LLINs that had been washed more than 20 times, and from 0.8% to 76.5% for the wild-type strain. Those washed with bar soap retained their lethal properties better than those washed with harsh detergents. Similarly, nets dried in the shade retained their lethal properties better than nets hung out in the sun. The study population used MILDAs, especially for children. The fiber composition of the nets, the type of detergent used, and exposure to sunlight are factors that influence the insecticidal efficacy of the nets. Les moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) sont largement utilisées en Afrique subsaharienne pour réduire la transmission du paludisme. Leur durée de vie opérationnelle dans les conditions de terrain dépend de nombreux facteurs. Cet article présente certains de ces facteurs associés à la dégradation de l'efficacité des MILDA en milieu urbain et rural à Kribi au sud du Cameroun. L’étude, réalisée en 2019, visait à évaluer l’utilisation et l'efficacité résiduelle des moustiquaires contre deux souches d'Anopheles gambiae s.l., une souche locale avec un statut de sensibilité aux insecticides inconnu et une souche de laboratoire de référence sensible. Au total, 540 ménages ont été enquêtés. La couverture en MILDA était similaire entre les zones rurale (69,0 %) et urbaine (68,6 %). Le nombre d'enfants de moins de 5 ans utilisant des MILDA (88,6 % : 651/735) était comparable dans les deux contextes. Les moustiquaires PermaNet 2.0 étaient plus dégradées que les autres marques dans la zone rurale, tandis que les moustiquaires Yorkool l’étaient davantage dans la zone urbaine. Les MILDA ayant subi plus de 20 lavages ont induit une mortalité de 21,6 % à 99,6 % pour la souche Kisumu et de 0,8 % à 76,5 % pour la souche sauvage. Celles lavées avec du savon en morceaux ont mieux conservé leurs propriétés létales par rapport à celles lavées avec des détergents corrosifs. De même, celles qui avaient séché à l'ombre avaient davantage conservé leurs propriétés létales que celles étendues au soleil. La population étudiée utilisait les MILDA particulièrement pour les enfants. La nature de fibre de la moustiquaire, les détergents ainsi que la lumière du soleil sont des facteurs qui influent sur l'effet insecticide des moustiquaires.
Ensuring the safety of blood transfusions remains a significant health challenge in sub-Saharan Africa (SSA), especially in the Democratic Republic of Congo (DRC). Political instability, inadequate infrastructure, and the absence of comprehensive hemovigilance systems exacerbate the risks. This situation exposes blood transfusion recipients to post-transfusion complications, especially infectious ones, that could be avoided. Additionally, sociocultural mistrust of blood donation contributes to the shortage of safe blood products. This narrative review aims to address the current issues related to transfusion safety in SSA, particularly in the DRC. An integrative narrative review was conducted from January to April 2025 using the following English and French keywords: "transfusion safety," "sub-Saharan Africa," "blood transfusion risks," "post-transfusion surveillance," "transfusion-transmitted infections," "hemovigilance," and "Democratic Republic of the Congo," either alone or in combination using Boolean operators. Original articles, systematic reviews, institutional reports, and recommendations from public health organizations published between 2000 and 2025 were included. The selection focused on sources relevant to transfusion safety systems, clinical practices in settings with limited resources, and surveillance models in low-and middle-income countries. The DRC still lacks an operational national hemovigilance system. Transfusion management remains decentralized, fragmented, and insufficiently standardized, which compromises the quality and safety of care.The lack of traceability and incomplete screening sometimes expose recipients to avoidable risks. However, several local initiatives supported by non-governmental organizations (NGOs), academic institutions, or international programs are emerging. Identified levers include developing digital surveillance tools, networking sentinel laboratories, improving access to safe blood in peripheral areas, and creating regional centers for continuing education and applied research in transfusion safety. Ensuring the long-term safety of blood transfusions in the DRC requires a systemic, integrated, multisectoral approach based on contextual innovation, institutional support, and strengthening local research capacities. Political mobilization and strengthening partnerships are essential to establishing an effective hemovigilance system. La sécurité transfusionnelle demeure un défi sanitaire majeur en Afrique subsaharienne (ASS), particulièrement en République démocratique du Congo (RDC), où l’instabilité politique, la faiblesse des infrastructures et l’absence de systèmes d’hémovigilance intégrés augmentent les risques. Cette situation expose les receveurs à des complications post-transfusionnelles, notamment infectieuses, qui pourraient être évitées. À cela s’ajoute une méfiance socioculturelle envers le don de sang, qui contribue à aggraver la pénurie de produits sanguins sûrs. Cette revue narrative a pour objectif de dresser un état des lieux des enjeux actuels liés à la sécurité transfusionnelle en ASS, avec le cas particulier de la RDC. Une revue narrative intégrative a été menée entre janvier et avril 2025 à partir des bases de données (PubMed, Google Scholar), en utilisant des mots-clés en anglais et en français tels que: « transfusion safety », « sub-Saharan Africa », « blood transfusion risks », « post-transfusion surveillance », « transfusion-transmitted infections », « hémovigilance » et « Democratic Republic of the Congo », seuls ou combinés à l’aide d’opérateurs booléens. Des articles originaux, des revues systématiques, des rapports institutionnels et des recommandations d’organismes de santé publique, publiés entre 2000 et 2025, ont été inclus. La sélection a porté sur des sources pertinentes concernant les systèmes de sécurité transfusionnelle, les pratiques cliniques en contexte de ressources limitées et les modèles de surveillance en milieu à faible ou moyen de revenu. La RDC ne dispose toujours pas d’un système national d’hémovigilance opérationnel. La gestion transfusionnelle reste décentralisée, fragmentée et insuffisamment standardisée, ce qui compromet la qualité et la sécurité des soins. L’absence de traçabilité et le dépistage parfois incomplet exposent les receveurs à des risques évitables. Toutefois, plusieurs initiatives locales émergent, soutenues par des organisations non gouvernementales (ONG), des institutions académiques ou des programmes internationaux. Parmi les leviers identifiés, figurent le développement d’outils numériques pour la surveillance, la mise en réseau de laboratoires sentinelles, l’amélioration de l’accès au sang sécurisé en périphérie, ainsi que la création de pôles régionaux de formation continue et de recherche appliquée en sécurité transfusionnelle. Pour garantir durablement la sécurité de la transfusion sanguine en RDC, une approche systémique, intégrée et multisectorielle est nécessaire, fondée sur l’innovation contextuelle, le soutien institutionnel et le renforcement des capacités locales de recherche. Pour mettre en place un système d’hémovigilance efficace, une mobilisation politique et un renforcement des partenariats sont indispensables.
In the context of preventing congenital Toxoplasma gondii infection, optimizing the use of antiparasitic molecules, such as spiramycin, pyrimethamine-sulfadiazine combinations, cotrimoxazole, and pyrimethamine-sulfadoxine, during the prenatal period is a significant challenge in limiting maternal-fetal transmission and reducing associated effects. A systematic review of cohort studies published between 2000 and 2023 was conducted to determine the overall risk of mother-to-fetus transmission in pregnant women with primary Toxoplasma gondii infection, whether they are treated or not. The risk of maternal-fetal transmission in women undergoing treatment corresponds to the treatment failure rate. The average overall risk of maternal-fetal transmission was estimated at 49% (95% CI, 36%-63%) among pregnant women infected during pregnancy who did not receive anti-toxoplasma treatment. This risk was assessed by categorizing the women according to their region of residence or whether their healthcare system had a prenatal care strategy. Among groups of pregnant women treated with spiramycin or pyrimethamine-sulfadiazine, the average overall treatment failure rates were 16% (95% CI, 7%-26%) and 11% (95% CI, 3%-22%), respectively, when the women were stratified according to region of residence or whether the healthcare system had a routine prénatal screening strategy. Congenital infection can cause several disorders, and the frequency of these disorders can be reduced by treating the maternal infection. There is insufficient data for a meta-analysis of treatment regimens such as pyrimethamine-sulfadoxine or sulfamethoxazole-trimethoprim combinations. The failure rate of standard anti-toxoplasma treatments can be reduced by addressing several recognized risk factors early on. Each healthcare system must strengthen the monitoring and evaluation of treatment policies for primary infection per pregnancy in order to implement a more appropriate secondary prevention strategy. Dans le cadre de la prévention de l’infection congénitale à Toxoplasma gondii, l’utilisation optimale des molécules à activité antiparasitaire telles que la spiramycine et les associations pyriméthamine-sulfadiazine, cotrimoxazole ou pyriméthamine-sulfadoxine en période prénatale demeure un défi majeur pour limiter la transmission materno-fœtale et réduire les effets liés à l’infection congénitale. Une revue systématique des études de cohortes, publiées entre 2000 et 2023, a été menée afin d’avoir une perception globale du risque de transmission materno-fœtale chez les femmes enceintes présentant une infection primaire à Toxoplasma gondii traitée ou non. Ce risque de transmission materno-fœtale évalué chez les femmes soumises à un régime thérapeutique correspond au taux d’échec thérapeutique. Le risque de transmission materno-foetale global moyen était estimé à 49% (IC 95%, 36-63%) chez les femmes enceintes infectées en cours de grossesse et ne bénéficiant d’aucun traitement à visée anti-toxoplasmique lorsque les femmes étaient catégorisées en fonction des régions de résidence ou en fonction des systèmes de santé disposant d’une stratégie de prise en charge prénatale ou non. Pour les groupes de femmes enceintes traitées par spiramycine ou par la combinaison pyriméthamine-sulfadiazine, les taux d’échec thérapeutique global moyens étaient respectivement de 16% (IC 95%, 7-26%) et de 11% (IC 95%, 3-22%) lorsque les femmes étaient stratifiées en fonction des régions de résidence ou si le système de santé avait une stratégie de dépistage prénatal systématique ou non. L’infection congénitale induit plusieurs atteintes dont la fréquence peut être réduite par la prise en charge de l’infection maternelle. Quant aux régimes thérapeutiques tels que les associations pyriméthamine-sulfadoxine ou sulfaméthoxazole-triméthoprime, les données sont insuffisantes pour une méta-analyse. Le taux d’échec thérapeutique des anti-toxoplasmiques standards peut être réduit en agissant de façon précoce sur plusieurs facteurs reconnus. La surveillance et l’évaluation des politiques de traitement de l’infection primaire per gravidique doivent être renforcées dans chaque système de santé pour implémenter une stratégie de prévention secondaire mieux adaptée.
Thanks to the effectiveness of antiretroviral treatment (ART), more and more people in Africa are aging with HIV. In Senegal, 34% of people living with HIV (PLHIV) who received ART were 50 years of age or older in 2022. As people age, their medical, psychological, and social needs gradually change and increase. This article presents the results of an anthropological study that aimed to describe and analyze the living conditions and care of PLHIV aged 70 and over in urban areas, in relation to the health and social context. The ethnographic study was conducted from 2022 to 2023 in the Dakar metropolitan area. The study focused on 31 older people living with HIV (OPLHIV), including 14 women, with an average age of 72 (maximum age 90). The median duration of ART was 16 years (maximum: 22 years). Six family caregivers, four community mediators, one nurse, and five doctors (including a geriatrician) were also interviewed, as well as the main national officials responsible for the fight against AIDS. The OPLHIV who were interviewed reported habituation to HIV and demonstrated excellent adherence to ART. However, persistent social stigma surrounding HIV continues to affect their daily lives, leading to various forms of self-exclusion and strategies to keep their illness secret. Medically, they are all in virological remission; however, they face multiple comorbidities and functional disabilities that lead to increased healthcare costs. Economic insecurity and inadequate social protection systems lead to increased dependence on loved ones. Families are the main providers of care. However, the attention given to the elderly depends on the nature and quality of the relationships they have built throughout their lives. This research contributes to anthropology's analysis of healthcare systems and their capacity to care for specific populations. From a public health perspective, the findings of this analysis call for health facilities, community stakeholders, and health authorities to consider the unique health and social needs of OPLHIV to enable them to age with dignity. En Afrique, grâce à l’efficacité des antirétroviraux (ARV), de plus en plus de personnes vieillissent avec le VIH. Au Sénégal, en 2022, 34 % des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et recevant des traitements ARV étaient âgées de 50 ans ou plus. Le vieillissement s’accompagne d’une évolution progressive des besoins médicaux, psychologiques et sociaux des PVVIH, qui s’accentuent avec l’âge. Cet article présente les résultats d’une étude anthropologique visant à décrire et analyser les conditions de vie et de prise en charge des PVVIH âgées de 70 ans et plus, en lien avec le contexte sanitaire et social en milieu urbain. L’étude ethnographique a été menée entre 2022 et 2023 dans la région métropolitaine de Dakar. Les entretiens et observations ont porté sur 31 personnes âgées vivant avec le VIH (PAVVIH), dont 14 femmes, âgées en moyenne de 72 ans (au plus 90 ans). La durée médiane du traitement ARV était de 16 ans (durée maximale : 22 ans). Ont également été interrogés six aidants familiaux, quatre médiateurs associatifs, une infirmière, cinq médecins dont un gériatre, ainsi que les principaux responsables nationaux de la lutte contre le sida. Les PAVVIH rencontrées témoignent d’une forme d’habituation face au VIH, et font preuve d’une très bonne adhésion au traitement ARV. Cependant, leur quotidien demeure marqué par la stigmatisation sociale persistante du VIH qui conduit à diverses formes d’auto-exclusion sociale et de stratégies de maintien du secret autour de leur maladie. Sur le plan médical, toutes sont en suppression virologique, mais elles sont confrontées à de multiples comorbidités et incapacités fonctionnelles qui induisent des dépenses de santé croissantes. La précarité économique et l’insuffisance des dispositifs de protection sociale entraînent une dépendance accrue à l’égard de leurs proches. Les familles sont les principales pourvoyeuses des soins. L’attention portée aux aînés est cependant déterminée par la nature et la qualité des liens tissés tout au long de la vie, dans une forme d’héritage des relations familiales. Cette recherche s’inscrit dans l’apport de l’anthropologie à l’analyse et la compréhension des systèmes de soins et de leur capacité à prendre en charge des populations spécifiques. Dans une perspective de santé publique, cette analyse plaide pour une prise en compte des spécificités des besoins sanitaires et sociaux des PAVVIH par les structures sanitaires, les acteurs communautaires et les autorités de santé afin de permettre un vieillissement digne des PAVVIH.
The Grand Magal of Touba (GMT), a religious event, attracts between four and five million pilgrims and poses a significant risk of infectious disease transmission, including malaria. Rapid diagnostic tests (RDTs) are commonly used during the event. This study aimed to validate the use of genetic material extracted from RDTs for retrospective diagnostic testing by PCR. Two types of RDTs were collected from eight health facilities in the Mbacke department in 2022 and 2023 during the GMT: Bioline™ Malaria Ag P.f/Pan (Abbott, USA) and ParaHIT® (Arkray, India) which detects Plasmodium falciparum. Real-time PCR (qPCR) was performed after opening the RDTs and extracting DNA/RNA to confirm the visual reading of the antigen tests. The performance of the collected RDTs was calculated relative to the PCR results, which were considered the reference standard. A total of 2,381 RDTs were collected, 213 of which (8.9%) were positive according to the test readings (135 according to Bioline™ tests, and 78 according to ParaHIT). According to qPCR, 194 samples (8.1%) were positive for P. falciparum. There were false positives in 39 (2.5%) Bioline™ Jests and 57 (7.2%) ParaHIT tests, as well as false negatives in 68 (4.3%) Bioline™ tests and 9 (1.1%) ParaHIT® tests. The Bioline™ and ParaHIT® tests were 97.3% and 92.5% specific, respectively. Their positive predictive values were 71.1% and 26.9%, respectively, and their negative predictive values were 95.3% and 98.7%, respectively. Genetic material extracted from RDT cassettes can be used for subsequent PCR diagnosis with increased specificity and sensitivity. Le Grand Magal de Touba (GMT) est un événement religieux qui attire entre quatre et cinq millions de pèlerins et présente un risque important de transmission de maladies infectieuses dont le paludisme. L’utilisation des tests de diagnostic rapide (TDR) est habituelle lors de cet événement. L’objectif de cette étude était de valider l’utilisation du matériel génétique extrait des TDR pour la réalisation de tests diagnostiques rétrospectifs par PCR. Deux types de TDR Bioline™ Malaria Ag P. f/Pan (Abbott, USA) et ParaHIT® (Arkray, Inde) utilisés pour la détection de Plasmodium falciparum ont été collectés dans huit structures sanitaires du département de Mbacké en 2022 et 2023 pendant le GMT. Une PCR en temps réel (qPCR) a été réalisée après ouverture des tests TDR et extraction de l’ADN/ARN pour confirmer la lecture visuelle des tests antigéniques. Les performances des TDR collectés ont été calculées par rapport à la PCR considérée comme test de référence. 2 381 TDR ont été collectés dont 213 TDR positifs (8,9%) d’après la lecture des tests (135 avec les tests Bioline™ et 78 avec les ParaHIT). En qPCR, 194 échantillons (8,1%) étaient positifs pour P. falciparum. Des faux positifs ont été notés dans 39 tests Bioline™ (2,5%) et 57 tests ParaHIT (7,2%) et des faux négatifs dans 68 tests Bioline™ (4,3%) et 9 tests ParaHIT (1,1%). Les tests Bioline™ et ParaHIT avaient des spécificités respectives de 97,3% et 92,5%, des valeurs prédictives positives de 71,1% et 26,9%, et des valeurs prédictives négatives de 95,3% et 98,7% respectivement. Le matériel génétique extrait des cassettes TDR est utilisable pour réaliser ultérieurement des diagnostics par PCR avec une spécificité et une sensibilité accrue.
The aim of our study was to analyze retention in care and survival at 12, 24, and 36 months among people living with HIV (PLWH) on antiretroviral therapy (ART). This is a retrospective cross-sectional analysis of a cohort of PLWH aged 15 years and older who started ART. Purposive sampling was used, taking into account the activities of different health centers and budgetary constraints (quantitative approach). In-depth individual interviews and focus groups were also conducted (qualitative approach). During the study period, 2,100 HIV-infected patients were enrolled. The median age of patients was 44 years (interquartile range (IQR) [36-51]), with a statistically significant difference according to sex (p< 0.001), with women being younger than men (42 versus 46 years). The median duration of ART was 5 years (IQR [2-8]) with no statistical difference by gender (p=0.752). At baseline, 20.5% (n=431) and 25.1% (n=509) were lost to follow-up (LTF) 90 days and 28 days after scheduled visit, respectively. There were 146 adult deaths, for a crude mortality rate of 6.9% (95% CI [5.9-8.1]). Approximately 60% of the 158 PLWH randomly selected from our LTF patients could be reached by telephone. They reported that they were still in care. Retention in care was 72.5%, and the probability of retention was 91.6% at 12 months, 87.8% at 24 months, and 78.7% at 60 months. Retention in care was more pronounced among women and more significant among PLWH aged 35 years and older when treatment was initiated in health care facilities offering the full range of activities (care and treatment, active patient search, presence of social mediators). Our study, conducted during the Covid-19 pandemic, shows acceptable retention rates in care for PLWH. These results make possible to propose solutions to improve the care program in the country: the harmonization of procedures for tracing PLWH with the implementation of their active search (with the help of community mediators) and the dispensing of ART to PLWH for three or six months. Le but de notre étude était d'analyser la rétention dans les soins des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous antirétroviraux (ARV), et leur survie à 12, 24 et 36 mois. Il s'agit d'une analyse transversale rétrospective d'une cohorte de PVVIH âgées de 15 ans et plus qui ont initié un traitement par ARV (TARV). Un échantillonnage raisonné a permis de prendre en compte l'activité des différents centres de soins et les contraintes budgétaires (approche quantitative). Y ont été associés des entretiens individuels approfondis et des focus groups (approche qualitative). Durant la période d’étude, 2 100 patients infectés par le VIH ont été inclus. L’âge médian des patients était de 44 ans (intervalle interquartile (IIQ) [36-51]) avec une différence statistiquement significative selon le sexe (p<0,001), les femmes étant moins âgées que les hommes (42 ans versus 46 ans). La durée médiane sous TARV était de 5 ans (IIQ [2-8]) sans différence statistique selon le sexe (p=0,752). Au jour de l'enquête, 20,5 % (n=431) et 25,1 % (n=509) étaient perdus de vue (PDV) respectivement 90 jours et 28 jours après la date de visite programmée. On dénombrait 146 adultes décédés, soit une mortalité brute de 6,9 % avec un IC à 95 % [5,9-8,1]. Environ 60 % des 158 PVVIH retenues de façon aléatoire parmi nos patients PDV avaient pu être joints au téléphone et continuaient toujours le traitement selon leurs déclarations. La rétention dans les soins était de 72,5 % des patients et la probabilité de poursuivre le traitement de 91,6 % à 12 mois, de 87,8 % à 24 mois et de 78,7 % à 60 mois. La rétention dans les soins était plus marquée chez les femmes et plus importante chez les PVVIH âgées de 35 ans et plus lors de l'initiation du traitement dans les formations sanitaires offrant toute la gamme des activités (soins et traitement, recherche active des patients, présence de médiateurs sociaux). Notre étude réalisée dans la période de la pandémie de Covid-19, montre des taux acceptables de rétention dans les soins des PVVIH. Ces résultats ont permis de proposer des approches de solutions pour améliorer le programme de prise en charge dans le pays : l'harmonisation des procédures de relance des patients PDV avec la mise en place de leur recherche active (avec l'aide des médiateurs communautaires); la dispensation pour trois ou six mois des médicaments ARV aux PVVIH.
Polyarteritis nodosa (PAN) is a systemic necrotizing segmental vasculitis that affects medium-and small-caliber arteries. It is characterized by infiltration of the different layers of the arterial wall (adventitia, media, and intima) by neutrophils, lymphocytes, and eosinophils, resulting in a variety of clinical signs. This infiltration is responsible for reducing arterial caliber, which can range from minimal to severe and cause neurological and digestive manifestations. These manifestations are complicated by a deterioration in the patient's general condition, leading to diagnostic uncertainty in sub-Saharan Africa, where certain infectious diseases (e.g., HIV/AIDS, tuberculosis, and viral hepatitis) are endemic. We present two cases of PAN with initial peripheral neurological involvement (paraplegia and quadriplegia) secondary to transverse myelitis in patients with a history of fetal loss. Through these two case studies, we aim to clarify the characteristics of this rarely described association between PAN and antiphospholipid antibodies. The patients, aged 25 and 45, presented with chronic migraines, miscarriages, and a major peripheral neurological deficit that occurred during the dry season (the low-temperature season in Gabon). Magnetic resonance imaging revealed transverse myelitis. An exhaustive autoimmune assessment yielded only a positive result for circulating lupus anticoagulant. Although we diagnosed polyarteritis nodosa in these two patients, the role of the lupus anticoagulants remains debatable. These antiphospholipid antibodies are likely to create the conditions for vasculitis due to its persistence in the serum even in the absence of disease activity. The combination of corticosteroid therapy, immunosuppressants, and intensive physical therapy resulted in satisfactory neurological recovery at six and seven months. La périartérite noueuse (PAN) est une vascularite segmentaire nécrosante systémique intéressant les artères de moyen ou de petit calibre. Elle se caractérise par une multiplicité de signes cliniques secondaires à une infiltration des différentes couches de la paroi artérielle (adventice, média, intima) par des neutrophiles, des lymphocytes, et des éosinophiles. Cette infiltration cellulaire est responsable d’une réduction du calibre artériel de minime à sévère, à l’origine de manifestations surtout neurologiques et digestives. Ces manifestations se compliquent d’une altération de l’état général, source d’errances diagnostiques en Afrique subsaharienne avec certaines maladies infectieuses endémiques (VIH/sida, tuberculose et hépatites virales). Nous rapportons deux observations de PAN avec atteinte neurologique périphérique inaugurale (paraplégie et tétraplégie), secondaire à une myélite transverse documentée, chez deux patientes ayant des antécédents obstétricaux de pertes fœtales. À travers ces deux observations, nous voulons préciser les caractéristiques de cette association (PAN et anticorps antiphospholipides) peu décrite. Les patientes étaient âgées de 25 et de 45 ans, et avaient en commun la conjonction de migraine chronique, fausses couches, déficit neurologique périphérique majeur, survenant en saison sèche (saison de basses températures au Gabon), myélite transverse documentée à l’imagerie par résonnance magnétique, et dont le bilan auto-immun exhaustif ne retrouvait qu’une positivité de l’anticoagulant circulant du lupus. Si le diagnostic de périartérite noueuse était établi chez ces deux patientes, on peut discuter du rôle isolé des anticoagulants du lupus. En effet, ces anticorps antiphospholipides sont susceptibles, par leur persistance dans le sérum et cela même en l’absence d’activité de la maladie, de créer les conditions de vascularite. L’association corticothérapie/immunosuppresseur/kinésithérapie intensive permettait une récupération neurologique satisfaisante à six et sept mois.
New species of Borrelia, Rickettsia, and Anaplasma have recently been detected in ticks in French Guiana. Additionally, a new species of Anaplasma was discovered in a human. Specific genovariants of Anaplasma and Ehrlichia have also been identified in the Amazonian forest of French Guiana, indicating a specific sylvatic cycle. We present the case of a patient who experienced fever, myalgia, rash, and inoculation eschars following dozens of tick bites while hiking in the Amazon rainforest. Laboratory results showed lymphopenia, neutrophilia, hepatic cytolysis and cholestasis, and a C-reactive protein level of 78 mg/L. Serology tests for HIV, hepatitis A, B, C, and E; cytomegalovirus; syphilis; and Q fever were negative. NS1 antigen, dengue, and leptospirosis PCR tests were also negative. A skin biopsy of an ulcerated papule on the leg revealed a polymorphic dermal inflammatory infiltrate with intramacrophagic Gram-negative bacilli. Blood PCR for Anaplasma phagocytophilum, Borrelia, Rickettsia, and Babesia were negative. Serology tests were negative for Rickettsia conorii and R. typhi, but positive for A. phagocytophilum, with weakly positive IgM and positive IgG. Serological results were confirmed by controlled sample. The patient improved with doxycycline treatment. Novel species of Anaplasma and Ehrlichia have been detected in the Amazon rainforest of French Guiana. These novel genovariants differ from other species in the Northern Hemisphere and are difficult to diagnose with molecular tools not designed to detect pathogens differing from known species. While not proven by molecular biology, this case may represent an anaplasmosis or another infection from the Rickettsiales group. This highlights that little is known about the potential for tick-borne diseases in French Guiana. In this context, recommendations for vector control should extend to ticks as well. De nouvelles espèces de Borrelia, Rickettsia et Anaplasma ont été récemment détectées chez des tiques en Guyane, et une nouvelle espèce d’Anaplasma a été découverte chez un homme. Des génovariants spécifiques d’Anaplasma et d’Ehrlichia ont également été détectés avec un cycle sylvatique propre en forêt amazonienne guyanaise. Nous rapportons le cas d’un patient ayant présenté de la fièvre, des myalgies, une éruption cutanée et des escarres d’inoculation après avoir subi des dizaines de morsures de tiques lors d’une randonnée en forêt amazonienne profonde. Les résultats biologiques retrouvaient une lymphopénie, une polynucléose neutrophile, une cytolyse et une cholestase hépatiques, ainsi qu’une protéine C-réactive à 78 mg/l. Les sérologies VIH, hépatites A, B, C et E, cytomégalovirus, syphilis, fièvre Q étaient négatives. L’antigène NS1, les PCR dengue et leptospirose étaient également négatifs. La biopsie cutanée d’une papule ulcéro-croûteuse de la jambe retrouvait un infiltrat inflammatoire dermique polymorphe avec un bacille Gram-négatif intramacrophagique. Les PCR sanguines pour Anaplasma phagocytophilum, Borrelia, Rickettsia et Babesia étaient négatives. Les sérologies étaient négatives pour Rickettsia conorii et R. typhi, mais positives pour A. phagocytophilum avec des IgM faiblement positives et des IgG positives, confirmées en sérologie de contrôle. Le patient s’est amélioré grâce à un traitement par doxycycline. Les nouvelles espèces d’Anaplasma et d’Ehrlichia détectées en forêt amazonienne guyanaise présentent des caractéristiques différentes des autres espèces de l’hémisphère Nord et sont difficiles à diagnostiquer avec des outils moléculaires non conçus pour détecter des agents pathogènes différents des espèces connues. Même si non prouvée par biologie moléculaire, cette observation peut être une anaplasmose ou une autre infection du groupe des Rickettsiales. Elle rappelle que l’on sait peu du potentiel des maladies vectorielles à tiques en Guyane. Dans ce contexte, les recommandations de protection antivectorielle doivent s’étendre aux tiques.
The participation of healthy volunteers is essential for many clinical studies. However, their situation differs from that of patients, yet they are not subject to specific ethical recommendations. Unlike patients, healthy volunteers are not seeking treatment. They are exposed to the uncertainties of a clinical trial and face with an unfavorable risk/ benefit ratio. The VoIREthics charter, published by Inserm and its partners, outlines the protection principles that should protect healthy volunteers participating in clinical research. However, these principles are essentially based on Western morality and may therefore conflict with non-Western moral codes. The discussion presented here highlights the difficulties that may arise during clinical research depending on the cultural, legislative and regulatory context. The VolREthics charter's recommendations were examined based on the principles of autonomy, beneficence and justice. This examination was conducted in light of literature and personal experience, to illustrate the differences in perception that may exist between Western and non-Western societies. A person's place in society can limit their free will. In some societies, individual autonomy is replaced by dependence on the community. The perception of the benefit/risk balance must relate to the scale of the community, not the individual. In traditional medicine, therapeutic efficacy does not result from treatment alone, and therapeutic risk is not understood in the same way as in Western medicine. Furthermore, healthy volunteers must reflect the diversity of the population. If they are selected through a community consensus, the inclusion criteria cannot escape the investigator's or sponsor's control. The principles set out in the VolREthics charter must be contextualized to ensure acceptance by the study stakeholders and to avoid conflict with local practices. Rather than applying recommendations that are difficult to adapt to all contexts systematically, it is essential to discuss their local relevance point by point to ensure the well-being of clinical trial participants and their adherence to the research protocol. La participation des volontaires sains est indispensable dans de nombreuses études cliniques. Cependant, elle ne fait pas l’objet de recommandations éthiques spécifiques, alors que leur situation est différente de celle des patients. Contrairement à ces derniers, les volontaires sains ne sont pas en quête d’une intervention. En s’exposant aux aléas d’un essai clinique, ils font face à une balance bénéfices/risques défavorable. La charte VoIREthics publiée par l’Inserm et ses partenaires rappelle les principes de protection dont doivent bénéficier les volontaires sains participant à la recherche clinique. Essentiellement fondés sur la morale occidentale, ces principes peuvent entrer en conflit avec les morales autres qu’occidentales. La réflexion présentée ici souligne les difficultés qui pourraient survenir au cours de recherches cliniques en fonction du contexte culturel, législatif et réglementaire. Les recommandations de la charte VolREthics ont été examinées, en fonction des principes d’autonomie, de bienfaisance et de justice, à la lumière de la littérature et d’expériences personnelles pour illustrer les différences de perception pouvant exister entre les sociétés occidentales et non-occidentales. La place de la personne dans la société peut constituer un obstacle à son libre-arbitre. Dans certaines sociétés, l’autonomie individualiste est remplacée par une dépendance à la communauté. La perception de l’équilibre bénéfice/risque doit être rapportée à l’échelle de cette dernière et non à celle de l’individu. Dans la médecine traditionnelle, l’efficacité thérapeutique ne résulte pas du seul traitement et le risque thérapeutique n’est pas compris comme dans la médecine occidentale. En outre, les volontaires sains doivent représenter la diversité de la population. Si leur sélection résulte d’un consensus avec la communauté, les critères d’inclusion ne peuvent échapper au contrôle de l’investigateur ou du promoteur. Les principes rappelés dans la charte VolREthics doivent être contextualisés pour qu’ils soient acceptés par les parties prenantes de l’étude et pour éviter tout conflit avec les pratiques locales. Cependant, plutôt que l’application systématique de recommandations difficiles à adapter à tous les contextes, il est essentiel de discuter, point par point, de leur pertinence locale et de s’assurer du bien-être des participants à une étude clinique et de leur adhésion au protocole de recherche.
The World Health Organization's (WHO) "test and treat" strategy has significantly increased the number of people living with HIV (PLHIV) who receive antiretroviral therapy (ART). This study aimed to evaluate the status of ART in Burkina Faso during this period. A retrospective descriptive study was conducted in Plateau-Central, one of the country's 13 regions. We extracted annual data from 2018 to 2023 from the pharmaceutical dispensing database, which is used to monitor individuals receiving ART. We analyzed a trend in treatment initiation. Quantitative variables were described using the median and interquartile range, and qualitative variables were described using proportions. From 2018 to 2023, the proportion of people who started treatment each year compared to the number of people who tested positive increased from 25% to 100%. Among adults during this period, more than 70% were women. The median age at the start of treatment ranged from 35 years (28-44) to 32 years (25-44). The median treatment duration ranged from five years [2-8] to six years [3-12]. The proportion of adults with at least 95% ART dispensing coverage fluctuated, ranging from a maximum of 70% in 2020 to a minimum of 47% in 2023. The main treatment combination used in adults was TDF/FTC/EFV, accounting for 42% in 2018, 50% in 2019, and 38% in 2020. The TDF/3TC/EFV combination was dominant in 2021, accounting for 46%. In 2022 and 2023, the TDF/3TC/DTG combination was the most common, at 76% in 2022 and 91% in 2023. Among children, males were predominant (around 55%) from 2019 to 2022. The median age at treatmentinitiation ranged from two years [0-9] to four years [2-9], and the median treatment duration ranged from five years [2-8] to six years [3-12]. AZT/3TC/NVP was predominant from 2018 to 2021 (57%, 59%, 40%, and 40%), and ABC/3TC/DTG was predominant from 2022 (52% and 84%). From 2018 to 2023, the proportion of children with at least 95% ART dispensing coverage fluctuated, ranging from a maximum of 76% in 2019 to a minimum of 24% in 2023. The proportion of people on ART has gradually increased since the WHO's "test and treat" recommendations. These results bring Burkina Faso closer to achieving the UNAIDS targets. La stratégie « test and treat » de l'OMS a contribué à augmenter de façon significative le nombre de personnes vivant avec le VIH (PvVIH) sous traitement antirétroviral (ARV). L'objectif de cette étude était de dresser un état des lieux du traitement ARV au Burkina Faso à l'ère de cette stratégie. Nous avons mené une étude rétrospective descriptive dans la région du Plateau-Central, l'une des 13 régions du pays. Les données annuelles de 2018 à 2023 ont été extraites de la base de dispensation pharmaceutique, base utilisée pour le suivi des personnes sous traitement ARV. Une tendance de mise sous traitement a été analysée. Les variables quantitatives ont été décrites en utilisant la médiane et l'intervalle interquartile et les variables qualitatives en utilisant la proportion. De 2018 à 2023, la proportion annuelle des nouvelles personnes mises sous traitement par rapport à celles testées positives est passée de 25 % à 100 %. Chez les adultes, plus de 70 % étaient des femmes au cours de cette période. L’âge médian au début de traitement variait entre 35 ans [28-44] et 32 ans [25-44]. La durée médiane de traitement variait entre 5 ans [2-8] et 6 ans [3-12]. La proportion d'adultes ayant un niveau de dispensation en ARV d'au moins 95 % avait évolué en dents de scie avec un maximum à 70 % (2020) et un minimum à 47 % (2023). La principale combinaison thérapeutique utilisée chez les adultes était TDF/FTC/EFV 42 % en 2018, 50 % en 2019 et 38 % en 2020. La combinaison TDF/3TC/EFV était dominant en 2021, 46 %. En 2022 et 2023 la combinaison TDF/3TC/DTG était majoritaire, 76 % en 2022 et 91 % en 2023. Chez les enfants, le sexe masculin était dominant (autour de 55 %) de 2019 à 2022. L’âge médian au début du traitement variait entre 2 ans [0-9] et 4 ans [2-9], la durée médiane de traitement entre 5 ans [2-8] et 6 ans [3-12]. L'AZT/3TC/NVP était prédominant de 2018 à 2021 : 57 %, 59 %, 40 %, 40 %, et l'ABC/3TC/DTG à partir de 2022 : 52 % et 84 %. De 2018 à 2023, la proportion d'enfants ayant un niveau de dispensation en ARV d'au moins 95 % a évolué en dents de scie avec un maximum à 76 % (2019) et un minimum à 24 % (2023). La proportion des personnes mises sous traitement ARV a progressivement augmenté depuis les recommandations de « test and treat » de l'OMS. Ces résultats rapprochent le Burkina Faso de l'atteinte des objectifs de l'ONUSIDA.
ABO blood typing relies on two complementary tests: the red blood cell test (Beth-Vincent) and the serum test (Simonin-Michon). Concordance between these tests is essential for transfusion safety. Persistent discrepancies, though rare, are critical and require thorough investigation. Thirteen patients (aged 6-73) were examined for persistent ABO discordance. We performed parallel Beth-Vincent and Simonin tests. In the event of discordance, we triple washed the red blood cells in saline solution. Auto-, allo-, and ABO controls were systematically performed. The clinical contexts included trauma, anemia, and preoperative and prenatal assessments. Most patients had no history of previous transfusion. Most cases presented a positive auto control, suggesting the presence of autoantibodies, and/or a positive AB control, indicating polyagglutinability. Discrepancies mainly concerned conflicts between direct and inverse ABO phenotypes (AB/O, A/O, and B/O). These results demonstrate the value of controls in guiding diagnosis and the need for complementary approaches. This series illustrates the decision-making algorithm proposed for cases with persistent discrepancies between red blood cell and serum tests during ABO blood typing. Le groupage sanguin ABO repose sur deux épreuves complémentaires : l’épreuve globulaire (Beth-Vincent) et l’épreuve sérique (Simonin-Michon). La concordance entre ces tests est essentielle pour la sécurité transfusionnelle. Les discordances persistantes, rares mais critiques, nécessitent une investigation approfondie. Treize patients (6 à 73 ans) ont été explorés pour une discordance persistante ABO. Les tests parallèles Beth-Vincent et Simonin ont été réalisés, suivis, en cas de discordance, d’un triple lavage en solution saline des hématies. Les témoins auto, allo et AB ont été systématiquement effectués. Les contextes cliniques incluaient des traumatismes, des anémies, des bilans préopératoires et prénataux. Les antécédents étaient marqués, dans la majorité des cas, par une absence de transfusion antérieure. La majorité des cas présentait un témoin auto positif, évoquant des auto-anticorps, et/ou un témoin AB positif, suggérant une polyagglutinabilité. Les discordances concernaient principalement une opposition entre phénotype ABO direct et inverse (AB/O, A/O, B/O). Ces résultats montrent l’intérêt des témoins dans l’orientation diagnostique et la nécessité d’approches complémentaires. Cette série illustre l’algorithme décisionnel proposé en cas de discordances persistantes entre les épreuves globulaires et sériques lors du groupage sanguin ABO.
Sickle cell disease leads to numerous complications that require frequent medical care. This study aimed to analyze the care pathway of children with severe sickle cell syndrome who were admitted to the pediatric emergency department at Cocody University Hospital. The goal was to identify factors associated with delayed consultation and promote the early and appropriate management of complications. This retrospective descriptive study was conducted in the pediatrics department at Cocody University Hospital from January 1 to December 31, 2024. Children with major sickle cell syndrome and a known electrophoretic profile who were hospitalized for an acute complication of the disease were included in the study. The care pathway was analyzed. Data were entered and analyzed using Excel software. Fisher's exact test was used to compare proportions, setting the significance threshold at 5% (p < 0.05). Of the 800 admissions, 60 children with major sickle cell disease were included, representing a hospital prevalence of 7.5%. The mean age was 5.38 years, ranging from six months to 14 years. The sex ratio was 1.07. Fifty percent of the patients were diagnosed before the age of two, often due to clinical manifestations such as anemia (35%), vaso-occlusive crises (18.3%), and hand-foot syndrome (16.7%). The mean age at diagnosis was 1.8 years ± 8.9, ranging from three months to 12 years. Follow-up was inadequate in 61.7% of cases. In 68.3% of cases, vaccination status was incomplete or undocumented. Patients were referred from a health center in 50% of cases. Of those who received treatment prior to referral, 73.3% were included in the study. The most commonly prescribed drug classes in the outpatient setting were analgesics/antipyretics, antimalarials, and antibiotics, accounting for 63.3%, 23.3%, and 60% of cases, respectively. Delayed consultation was observed in 71.7% of cases and was associated with unfavorable socioeconomic status (p = 0.036), self-medication (p = 0.023), use of traditional medicine (p = 0.02), poor follow-up quality (p < 10-3), and taking analgesics at home (p < 10-3). This study highlights several shortcomings in the care pathway for children with sickle cell disease, particularly delays in seeking medical consultation linked to socioeconomic and cultural factors. A more structured, educational approach to care is essential to improving their prognosis. La drépanocytose est pourvoyeuse de nombreuses complications nécessitant un recours fréquent aux soins. L’objectif de ce travail était d’analyser le parcours de soins des enfants atteints de syndrome drépanocytaire majeur admis aux urgences pédiatriques du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody, en vue d’identifier les facteurs associés au retard de consultation et, par conséquent, de favoriser une prise en charge précoce et adaptée des complications. Il s’agissait d’une étude rétrospective à visée descriptive réalisée au service de pédiatrie du CHU de Cocody du 1er janvier au 31 décembre 2024 soit sur une durée de 12 mois. Les enfants porteurs d’un syndrome drépanocytaire majeur, avec un profil électrophorétique connu et hospitalisés pour une complication aiguë de la maladie ont été inclus. Le parcours de soins a été analysé. Les données ont été saisies et analysées à l’aide du logiciel Excel. Le test exact de Fisher a été utilisé pour comparer les proportions avec un seuil de signification de 5 % (p< 0,05). Sur 800 admissions, 60 enfants présentant un syndrome drépanocytaire majeur ont été inclus, soit une prévalence hospitalière de 7,5 %. L’âge moyen était de 5,38 ans ± 5,3 avec des extrêmes de 6 mois et 14 ans. Le sex-ratio était de 1,07. La moitié des patients (50 %) a été diagnostiquée avant l’âge de 2 ans, souvent à l’occasion des manifestations cliniques telles que l’anémie (35 %), les crises vaso-occlusives (18,3 %) et le syndrome pied-main (16,7 %). La moyenne d’âge de découverte était de 1,8 an ± 8,9 avec des extrêmes de 3 mois et 12 ans. Le suivi était mauvais dans 61,7 % des cas. Dans 68,3 % des cas, la vaccination était incomplète ou non documentée. Les patients étaient référés d’un centre de santé dans 50 % des cas. Les patients ayant reçu un traitement avant référence représentaient 73,3 % des cas. Les antalgiques/antipyrétiques, les antipaludiques et les antibiotiques étaient les classes thérapeutiques les plus prescrites en ambulatoire avec respectivement 63,3 %, 23,3 % et 60 % des cas. Un retard à la consultation a été observé dans 71,7 % des cas, lié à un niveau socio-économique défavorable (p = 0,036), l’automédication (p = 0,023), le recours à la tradithérapie (p = 0,02), la mauvaise qualité du suivi (p = < 10-3) et la prise d’antalgique à domicile (p = < 10-3). Cette étude met en évidence plusieurs insuffisances dans le parcours de soins des enfants drépanocytaires, notamment le retard à la consultation lié à des facteurs socio-économiques et culturels. Une prise en charge plus structurée et éducative est indispensable pour améliorer leur pronostic.
Burkina Faso ranks among the African countries with high maternal mortality rates, with a ratio of 198 per 100,000 live births. Maternal health remains a major concern in this country. Several factors contribute to this mortality rate. Our study aimed to identify factors associated with maternal deaths at Tengandogo University Hospital, a referral hospital in Burkina Faso. This was a retrospective case-control study. We selected records pertaining to women admitted to the maternity and intensive care units between January 1, 2017, and December 31, 2022. The cases included all women admitted for a pregnancy-related complication who subsequently died. The control group was randomly selected from women admitted for childbirth and/ or pregnancy-related complications during the study period who did not die during pregnancy or within 42 days after delivery. Our sample consisted of one case for every two controls. Logistic regression was used to identify associated factors. A total of 146 deaths were recorded, but 124 cases (22 records were unusable) and 248 controls were analyzed. The indoor maternal mortality ratio was 1,960 per 100,000 live births (146/7,450). The mean age of the women who died was 28.5 ± 7.1 years. Of those women, 73 (58.9%) lived in rural areas, 109 (87.9%) were unemployed, 118 (84.7%) were referred from a primary or secondary health facility, 106 (89.1%) were transported by ambulance, 67 (54%) were multiparous, and 68 (57.1%) delivered vaginally. Preeclampsia/eclampsia was present in 15% of the women and retroplacental hematoma (RPH) was present in 13%. The factors independently associated with maternal death were RPH (OR = 4.6, 95% CI [1.6-12.7]), ambulance transport (OR = 3.8, 95% CI [1.9-7.9]), and vaginal delivery (OR = 2.6, 95% CI [1.5-4.5]). The indoor maternal mortality rate is high. It is necessary to strengthen obstetricians' skills in the early detection of RPH and hemorrhage management. Improving the ability to detect complications during prenatal care and labor and delivery is also essential for better obstetric decision-making. The Ministry of Health should ensure adequate conditions for patient evacuation. Avec un ratio de mortalité maternelle de 198 pour 100 000 naissances vivantes, le Burkina Faso figure parmi les pays africains ayant un taux élevé de mortalité maternelle et où la santé de la mère demeure une préoccupation majeure. Plusieurs facteurs sous-tendent cette mortalité. L’objectif de notre étude était d’identifier les facteurs associés aux décès maternels dans un hôpital de référence du Burkina Faso, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo. Il s’est agi d’une étude rétrospective de cas témoins. Les dossiers sélectionnés concernaient les femmes admises au service de maternité et de réanimation entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2022. Les cas représentaient toutes les femmes admises pour une complication en rapport avec la grossesse et qui sont décédées. Les témoins étaient choisis de manière aléatoire parmi les femmes reçues pendant la période de l’étude pour accouchement et/ou complications liées à la grossesse, et qui n'étaient pas décédées au cours de la grossesse ou dans les 42 jours suivant son issue. Notre échantillon était constitué d’un cas pour deux témoins. Une régression logistique nous a permis d’identifier les facteurs associés. Au total, 146 décès maternels ont été enregistrés mais 124 cas (22 dossiers inexploitables) et 248 témoins ont été analysés. Le ratio de mortalité maternelle intrahospitalière était de 1 960 pour 100 000 naissances vivantes (146/7 450). Chez les femmes décédées, l’âge moyen était de 28,5 ± 7,1 ans. Parmi elles, 73 (58,9 %) résidaient en milieu rural, 109 (87,9 %) étaient non salariées, 118 (84,7 %) avaient été référées par une formation sanitaire de niveau primaire ou secondaire, 106 (89,1 %) avaient été transportées par ambulance, 67 (54 %) étaient multipares, et 68 (57,1 %) avaient accouché par voie basse. La prééclampsie/ éclampsie était marquée chez 15 % des femmes et l’hématome rétro-placentaire (HRP) chez 13 % d’entre elles. Les facteurs indépendamment associés aux décès maternels étaient l’HRP (OR = 4,6 IC 95 % [1,6-12,7]), le moyen de transport par ambulance (OR = 3,8; IC 95 % [1,9-7,9]), et l’accouchement par voie basse (OR = 2,6; IC 95 % [1,5-4,5]). Le ratio de mortalité maternelle intrahospitalière est élevé. Un renforcement des compétences des gynécologues sur la détection précoce de l’HRP et la gestion des hémorragies est nécessaire. Un renforcement de la capacité de détection des complications pendant le suivi de la grossesse et pendant le travail de l’accouchement pour une meilleure décision obstétricale est également indispensable. Le ministère de la Santé devrait veiller aux bonnes conditions d’évacuation des patientes.
Malaria remains a significant public health concern in sub-Saharan Africa. To prevent the transmission of the disease, long-lasting insecticide-treated mosquito nets (LLINs) have been periodically distributed in Côte d'Ivoire. This study aims to determine the availability and utilization rate of LLINs in two National Malaria Control Program (NMCP) sentinel sites. A sentinel site is a location selected by the NMCP to ensure continuous, standardized malaria epidemiological, parasitological, and entomological surveillance. A descriptive, cross-sectional survey was conducted from January to March of 2019. Two hundred heads of households were surveyed in urban (Camp Sea and Logokaha) and rural (Kassiapleu and Kaforo) areas in Man and Korhogo. These two sites have different malaria epidemiological contexts. Data were collected using questionnaires administered to household heads or their representatives at home. The questionnaires gathered information on the household heads' sociodemographic characteristics, their perceptions and knowledge of malaria risk, and their possession of and experience with using LLINs within their households. In at least 70% of cases, households associated malaria transmission with mosquito bites. Additionally, 87% of respondents reported owning at least one LLIN, and 84% said they had used it the previous night. This usage rate exceeds the 80% recommended by the World Health Organization. This study shows that the surveyed populations have a good understanding of LLINs to protect themselves, regardless of the transmission context. However, some results suggest that health authorities could take measures to improve LLIN use among these populations. Le paludisme demeure un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne. Pour prévenir la transmission de cette affection, des moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA) ont été périodiquement distribuées en Côte d’Ivoire. La présente étude a pour objectif de déterminer la disponibilité et le taux d’utilisation des MILDA dans deux sites sentinelles du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Un site sentinelle est une localité sélectionnée de manière stratégique par le PNLP afin d’assurer une surveillance épidémiologique, parasitologique et entomologique continue et standardisée du paludisme. Une enquête transversale descriptive a été conduite entre janvier et mars 2019 auprès de 200 chefs de ménage des localités urbaines (Camp Sea et Logokaha) et rurales (Kassiapleu et Kaforo) de Man et Korhogo, deux sites sentinelles présentant un contexte épidémiologique différent pour le paludisme. Les données ont été collectées sur la base de questionnaires administrés aux chefs de ménage ou leurs répondants à leur domicile. Ils ont permis de recueillir des informations relatives aux caractéristiques sociodémographiques du chef de ménage, à sa perception et à sa connaissance du risque de paludisme, à la possession et à l’utilisation de MILDA au sein de son ménage. Les ménages associaient la transmission du paludisme à des piqûres de moustiques dans au moins 70 % des cas. En outre, 87 % des enquêtés ont déclaré posséder au moins une MILDA et 84 % affirmaient les avoir utilisées la nuit précédente. Ce taux d’utilisation est supérieur à celui de 80 % préconisé par l’Organisation mondiale de la santé. Il ressort de ce travail que les populations enquêtées ont une bonne connaissance du paludisme et utilisent les MILDA pour se protéger, quel que soit le contexte de transmission. Cependant, certains résultats suggèrent que des mesures pourraient être prises par les autorités sanitaires pour améliorer l’utilisation des MILDA par les populations.
Although there has been a significant decline in tetanus cases thanks to vaccination, it remains a public health problem, particularly in developing countries. The epidemiology of tetanus in Tunisia has not been updated in over 20 years. Our study aims to examine the epidemiological, clinical, paraclinical, therapeutic, and evolutionary characteristics of patients with severe tetanus in intensive care. This retrospective study was conducted in the multi-purpose intensive care unit at Habib Bourguiba University Hospital in Sfax. It spanned 19 years. We included all suspected cases of severe tetanus according to the WHO definition, which includes trismus and/or generalized contractures and/or paroxysms in an unvaccinated or poorly vaccinated patient. Sixteen patients were included. The frequency was 0.84 cases per year, and the patients' average age was 61.6 ± 10.1 years. There was a predominance of males, with a sex ratio of 2.2. Half of the patients were manual laborers who worked in rural areas during the hot seasons. The most common symptom was a skin wound with traumatic inoculation in the lower limbs (10 patients), with 14 patients presenting with this symptom. None of the patients had been vaccinated. According to Ablett's classification, half of our patients had severe or very severe forms of the disease. All patients had generalized tetanus with trismus, neck stiffness, dysphagia, and generalized muscle contractures. Thirteen patients experienced paroxysms, and fourteen had dysautonomic disorders, the most common of which were tachycardia episodes (six patients). Fifteen patients required mechanical ventilation, with an average duration of 24.9 ± 15.8 days. The total length of stay was 29.7 ± 16.5 days, and five patients died during hospitalization. Despite advances in intensive care in Tunisia, tetanus remains a serious disease with high morbidity and mortality rates. Prevention is the most effective way to eradicate it. En dépit d’un recul majeur grâce à la vaccination, le tétanos demeure un problème de santé publique, particulièrement dans les pays en développement. Son épidémiologie en Tunisie n’a pas été actualisée depuis plus de 20 ans. L’objectif de notre travail est d’étudier les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutives des patients en réanimation atteints du tétanos grave. Notre étude était rétrospective et menée dans le service de réanimation polyvalente du CHU Habib Bourguiba de Sfax. Elle s’est étendue sur 19 ans. Nous avons inclus tous les cas de tétanos grave suspectés, selon la définition de l’OMS sur la présence de trismus et/ou de contractures généralisées et/ou de paroxysmes chez un patient non ou mal vacciné. Seize patients ont été inclus. La fréquence était de 0,84 cas/an, l’âge moyen de 61,6 ± 10,1 ans avec une prédominance masculine (sex-ratio à 2,2). La moitié des patients exerçait des professions manuelles, pendant les saisons chaudes, dans les régions rurales. Le symptôme le plus fréquent était une plaie cutanée avec inoculation traumatique (14 patients), au niveau des membres inférieurs (10 patients). Aucun n’était vacciné. Selon la classification d’Ablett, la moitié de nos patients présentait une forme grave ou très grave. Tous nos patients avaient une forme généralisée du tétanos avec un trismus, une raideur de la nuque, une dysphagie et des contractures musculaires généralisées. Treize patients présentaient des paroxysmes, 14 des troubles dysautonomiques dont les plus fréquents étaient les accès de tachycardie (6 patients). La ventilation mécanique a été nécessaire chez 15 patients avec une durée moyenne de 24,9 ± 15,8 jours. La durée totale de séjour a été de 29,7 ± 16,5 jours et 5 patients sont décédés au cours de l’hospitalisation. Le tétanos demeure une maladie grave avec une lourde morbi-mortalité malgré les avancés thérapeutiques en soins intensifs en Tunisie. La prévention reste la meilleure arme pour l’éradiquer.
Approximately 20 years ago, studies conducted in the city of Bouaké revealed a high level of malaria transmission, primarily due to the Anopheles gambiae vector increasing during the rainy season. The National Malaria Control Program implemented control efforts involving the distribution of long-lasting insecticidal nets (LLINs). However, the political and military crisis from 2002 to 2011 caused many residents to leave the city, leaving the natural environment largely undisturbed. The subsequent return of the population to Bouaké necessitated implementing new LLIN-based control programs. New research studies are needed to collect data on malaria transmission parameters. This study is conducted within this context. The objective is to assess vector-borne malaria transmission by determining entomological parameters in the city's three health districts. Investigations were conducted in urban areas during the rainy season from June 10 to 29, 2016, in Bouaké's three health districts (Northwest, Northeast, and South). Mosquitoes were collected from human-biting samples and identified. We examined the feeding behavior of female vectors and estimated the entomological parameters of malaria transmission. We determined the physiological age of the female vectors by dissecting their ovaries and detected mosquitoes infected with Plasmodium falciparum using the ELISA-CSP test. Only the malaria vector species An. gambiae was collected. The species exhibited a tendency toward endophagy and had an average parturition rate exceeding 90% in all districts. Aggressive densities of the species were 3.6, 15.5, and 14.4 bites/ person/night (b/p/n) in the Northwest, Northeast, and South districts, respectively. The infection rates were 4.2%, 2.9%, and 1.9% in the Northwest, Northeast, and South districts, respectively, with entomological inoculation rates of 0.15, 0.45, and 0.22 b/p/n. Malaria transmission occurs in all three districts of Bouaké, with levels twice as high in the Northeast District. This transmission is carried out by the An. gambiae species, which exhibited a tendency toward endophagous feeding at all sites. Des travaux réalisés dans la ville de Bouaké il y a environ 20 ans ont montré un fort niveau de transmission du paludisme essentiellement dû au vecteur Anopheles gambiae, avec une recrudescence manifestée en saison pluvieuse. Des efforts de lutte à travers la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA) ont été menés par le Programme national de lutte contre le paludisme. Cependant, la crise politico-militaire de 2002 à 2011 a provoqué un important flux migratoire des habitants de cette ville, laissant le milieu naturel préservé. Le retour des populations à Bouaké a donc nécessité la mise en place de nouveaux programmes de lutte avec l’utilisation des MILDA. De nouvelles études de recherche sont maintenant nécessaires afin de recueillir des données sur les paramètres de transmission du paludisme. La présente étude s’inscrit dans ce contexte. Elle a pour objectif d’évaluer la transmission vectorielle du paludisme à travers la détermination de paramètres entomologiques dans les trois districts sanitaires de la ville de Bouaké. Les investigations ont été menées en milieu urbain pendant la saison pluvieuse, du 10 au 29 juin 2016, dans les trois districts sanitaires de Bouaké (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud). Les moustiques ont été collectés par captures sur sujet humain et identifiés. Le comportement trophique des femelles vectrices a été examiné et les paramètres entomologiques de la transmission du paludisme ont été estimés. L’âge physiologique des femelles vectrices a été déterminé après la dissection de leurs ovaires et les moustiques infestés par Plasmodium falciparum ont été détectés par le test ELISA-CSP. An. gambiae a été la seule espèce vectrice du paludisme collectée. Elle a présenté une tendance à l’endophagie et un taux moyen de parturité supérieur à 90 % dans tous les districts. Les densités agressives de l’espèce étaient respectivement de 3,6, 15,5 et 14,4 piqûres/homme/nuit (p/h/n) dans les districts Nord-Ouest, Nord-Est et Sud. Les taux d’infestation étaient en moyenne de 4,2 %, 2,9 % et 1,9 % pour les districts Nord-Ouest, Nord-Est et Sud avec des taux d’inoculation entomologique de 0,15, 0,45 et 0,22 p/h/n respectivement. La transmission du paludisme existe dans les trois districts de la ville de Bouaké avec un niveau deux fois supérieur dans le district Nord-Est. Cette transmission est assurée par l’espèce An. gambiae qui a présenté une tendance à l’endophagie dans tous les sites.
This article is part of a doctoral project that aims to describe the ecology of the mosquitoes present in Djibouti and how they interact with epidemiological dynamics. This study traces the historical evolution of mosquito-borne diseases in Djibouti based on a systematic review of the available scientific literature. The study was conducted in accordance with PRISMA standards. An exhaustive bibliographic search was conducted on vector-borne diseases (arboviruses and parasitic diseases) transmitted by mosquitoes in the geographical context of the Republic of Djibouti. PubMed, ScienceDirect, Springer Nature, and Google Scholar were searched to cover both indexed publications and gray literature. The query syntax combined Boolean operators (AND/OR) and MeSH/relevant entry terms structured around two axes: "French Territory of the Afars and the Issas" and "Djibouti," as well as "Dengue Djibouti," "Malaria Djibouti," etc. In Djibouti, the risk of arbovirus infection is primarily linked to environmental and behavioral risk factors, with a higher risk in urban areas than in rural regions. The scientific literature lists at least six vector-borne diseases transmitted by female mosquito bites. Four of these diseases have been documented in Djibouti: malaria, chikungunya, dengue, and West Nile fever. Rift Valley fever and Zika virus are also mentioned, though there have been no official reports of Zika virus cases in the country to date. Mosquito-borne diseases are dominated by malaria and dengue fever. This explains the abundance of data on these two diseases and their vectors. To better understand the health challenges, studies on the characterization of pathogens and other mosquito-borne diseases in Djibouti, as well as on the reporting of clinical signs, are strongly recommended. Cet article s’inscrit dans le cadre d’un projet doctoral visant à décrire l’écologie des moustiques présents sur le territoire de Djibouti et leur interaction avec les dynamiques épidémiologiques. S’appuyant sur une revue systématique de la littérature scientifique disponible, cette étude retrace l’évolution historique des pathologies transmises par les moustiques sur le territoire djiboutien. Cette étude a été conduite selon les normes PRISMA. Une recherche bibliographique exhaustive a été menée sur les maladies vectorielles transmises par les moustiques (arboviroses, parasitoses) dans le contexte géographique de l’actuelle République de Djibouti. PubMed, ScienceDirect, Springer Nature et Google Scholar ont été interrogées, afin de couvrir les publications indexées et la littérature grise. La syntaxe de requête combinait des opérateurs booléens (AND/OR) et des termes MeSH/Entrée pertinente, structurés en deux axes: « Territoire français des Afars et des Issas » et « Djibouti » avec « Dengue Djibouti », « Malaria Djibouti », etc. À Djibouti, le risque d’infection par les arbovirus est principalement associé à des facteurs de risque environnementaux et comportementaux, avec un niveau plus élevé dans le centre-ville que sur le reste du territoire. La littérature scientifique recense au moins six maladies vectorielles transmises par les piqûres de moustiques femelles dont quatre font lobjet de cas documentés: le paludisme, le chikungunya, la dengue et la fièvre du Nil occidental. La fièvre de la vallée du Rift et le virus Zika sont également mentionnés, bien qu’aucun cas de ce dernier n’ait été officiellement signalé dans le pays à ce jour. Les maladies transmises par les moustiques sont dominées par le paludisme et la dengue. Cela explique l’abondance des données sur ces deux maladies et leurs vecteurs. Des études sur la caractérisation des pathogènes et d’autres maladies transmises par les moustiques à Djibouti ainsi que sur la notification des signes cliniques sont fortement recommandées pour mieux comprendre les défis sanitaires.
Tahiti or the "myth of Paradise", Bora Bora, "the Pearl of the Pacific". Who has never wanted to take a plane and come and land on the heavenly beaches of Polynesia, a French territory at the antipodes of mainland France lost in the middle of the Pacific? However, we do not imagine that 60% of Polynesians live below the metropolitan low-income threshold or that life expectancy is lower than that of the mainland due to the high prevalence of cardiovascular diseases with three quarters overweight population.In addition to non-transmissible metabolic diseases, various pathologies common to temperate countries present specificities in Polynesia, leading to sometimes different management and medical reasoning. Indeed, in Polynesia where the islands extend over an area of the size of Europe, delays in treatment are frequent and it can sometimes seem difficult to send sick patients back to their isolated island. Certain pathologies that were once common in France, such as acute rheumatic fever, are still prevalent there, while others, such as gout, are rarely seen elsewhere in terms of prevalence or severity. Even if the geographical distance has protected Polynesia from a number of tropical diseases including malaria or dangerous animals, this territory presents a range of varied infectious diseases including arboviruses, leptospirosis, tuberculosis and leprosy or angiostrongylosis. Skin infections are very common with their corollary of complications including endocarditis and osteoarticular infections. The sea, which is omnipresent, also poses certain dangers such as ciguatera poisoning and exposure to certain marine organisms.Care is provided according to current medical standards thanks to European-level resources allowing diagnostic and therapeutic possibilities that do not exist in other Pacific island states.The objective of this overview is to guide health care providers coming to or practicing in French Polynesia in their daily practice, but also practitioners taking care of people returning from Polynesia. Tahiti ou le « mythe du Paradis », Bora Bora ou la « Perle du Pacifique ». Qui n’a jamais voulu prendre l’avion et venir se poser sur les plages paradisiaques de la Polynésie, territoire français aux antipodes de la France hexagonale perdu au milieu du Pacifique ? Et pourtant, l’on ne s’imagine pas que 60 % des Polynésiens vivent en dessous du seuil médian de bas revenu métropolitain ou que l’espérance de vie est inférieure à celle de la métropole en raison de l’importante prévalence des maladies cardiovasculaires avec les trois quarts de la population en surpoids. Outre les maladies métaboliques non transmissibles, différentes pathologies communes aux pays tempérés présentent en Polynésie des spécificités dont la prise en charge et le raisonnement médical diffèrent parfois. En effet, en Polynésie où les îles s’étendent sur un territoire grand comme l’Europe, les retards de prise en charge sont fréquents et il peut parfois sembler difficile de renvoyer des patients malades dans leur île isolée. Certaines pathologies autrefois courantes en France comme le rhumatisme articulaire aigu y sévissent toujours, d’autres, comme la goutte, présentent un caractère rarement vu ailleurs en matière de prévalence ou de gravité. Même si l’éloignement géographique l’a préservée de nombre de maladies tropicales dont le paludisme, la rage ou les animaux dangereux, la Polynésie présente un large éventail de maladies infectieuses comme les arboviroses, la leptospirose, la tuberculose, la lèpre ou l’angiostrongylose. Les infections cutanées sont très fréquentes et, avec elles, leur corollaire de complications dont les endocardites et les infections ostéoarticulaires. La mer, qui est omniprésente, expose aussi à quelques dangers comme l’intoxication par la ciguatéra et expose aussi à certains organismes marins. La prise en charge se fait selon les standards modernes de la médecine grâce aux ressources de niveau européen permettant des possibilités diagnostiques et thérapeutiques inexistantes dans les autres états insulaires du Pacifique. L’objectif de ce panorama est d’orienter dans leur pratique quotidienne les soignants en exercice ou voulant venir exercer en Polynésie française et également les praticiens prenant en charge des personnes au retour de Polynésie.
Vaccination is one of the responses to the ongoing global COVID-19 pandemic. However, it has also sparked controversy, hesitation, and infodemics worldwide. Gabon began vaccinating its population in July 2021. Our study aims to describe the motivations, knowledge, and levels of acceptance of volunteers. We conducted a descriptive, cross-sectional, "knowledge, attitudes, and practices" study from May 2021 to January 2022 (eight months) at the only COVID-19 vaccination center in Makokou, in Gabon's Eastern Health Region. Volunteers were included during the vaccination process and responded to a questionnaire during a face-to-face interview. We studied their sociodemographic profile, knowledge of the disease and the vaccine, and perceptions and experiences of accessibility. A total of 303 people between 18 and 71 years old, were included in the study. Subjects aged 30 to 40 years old represented 39.6% (n = 120) of those included. The sex ratio was 2.7. Eighty-six point seven percent of participants were of Gabonese nationality, and the median length of stay in the city of Makokou was six years (IQR: 2-15). The most represented professions were health workers (17.8%, n = 54), followed by defense and security forces (15.8%, n = 48), who were the main targets of the program. Forty-two point five percent (n = 129) of participants reported being influenced in their decision to get vaccinated. Globally, 72.6% (n = 220) thought that vaccination was a constraint, either for health reasons (n = 128, 58.2%) or for greater freedom of movement (n = 109, 49.5%). The main sources of information were the media (n = 237, 78.2%) and medical personnel (n = 168, 55.4%). Motivation was associated with compulsion (OR = 2.2), knowledge of certain symptoms (OR = 0.4), perception of the disease as serious (OR = 0.2), and positive media influence (OR = 0.4). Accessibility was associated with previous infection (OR = 11) or employer coercion (OR = 0.2). The decision to get vaccinated against COVID-19 was greatly influenced by the media and socio-professional constraints. Given that access to the vaccine was considered easy, motivation should have been the pursuit of better health. La vaccination a été un des moyens de riposte à la pandémie de Covid-19. Elle a été à l’origine de controverses, hésitations et infodémies dans le monde. Le Gabon s’est lancé dans la vaccination de sa population au mois de juillet 2021. Notre étude a pour objectif de décrire les motivations des volontaires, leurs connaissances et leurs niveaux d’acceptation. Une étude transversale descriptive, de type « Connaissances, attitudes et pratiques », a été menée de mai 2021 à janvier 2022 (8 mois), au sein de l’unique centre de vaccination contre la Covid-19 de Makokou, région sanitaire Est du Gabon. Les volontaires étaient inclus durant leur parcours de vaccination, répondant à un questionnaire lors d’une interview en face à face. Ont été étudiés le profil sociodémographique, les connaissances de la maladie et du vaccin, la perception et le vécu de l’accessibilité. Au total, 303 personnes de 18 à 71 ans ont été incluses. Les sujets âgés de 30 à 40 ans représentaient 39,6 % (n = 120) des sujets inclus. Le sex-ratio était de 2,7. La proportion des participants de nationalité gabonaise était de 86,7 %, la durée médiane du séjour des participants dans la ville de Makokou était de 6 ans (IIQ : 2-15). Les professions les plus représentées étaient le personnel de santé 17,8 % (n = 54), suivies des forces de défense et de sécurité 15,8 % (n = 48), cibles principales du programme. La proportion des participants qui se déclaraient influencés dans leur décision de se faire vacciner était de 42,5 % (n = 129). La proportion de ceux qui pensaient que la vaccination était une contrainte était de 72,6 % (n = 220), pour des raisons de santé 58,2 % (n = 128) ou pour plus de liberté de mouvement 49,5 % (n = 109). Les principales sources d’information étaient les médias 78,2 % (n = 237) et le personnel médical 55,4 % (n = 168). La motivation était associée à la contrainte (OR = 2,2), à la connaissance de certains signes (OR = 0,4), à la perception de la maladie comme étant grave (OR = 0,2) et à l’influence positive des médias (OR = 0,4); l’accessibilité associée à une infection antérieure (OR = 11) ou à une contrainte de l’employeur (OR = 0,2). La décision de se faire vacciner contre la Covid-19 a été beaucoup influencée par les médias et les contraintes socioprofessionnelles. Devant un accès au vaccin considéré comme facile, la motivation aurait dû être la recherche d’un meilleur état de santé.
Hemorrhagic syndrome accounts for a significant proportion of the mortality and morbidity associated with snakebites in sub-Saharan Africa. Hyperfibrinolysis, which has been reported in some cases, suggests the potential benefit of antifibrinolytics; however, these have been little studied in this context. This study aimed to evaluate the effectiveness of combining tranexamic acid and antivenom in treating hemorrhagic syndrome and coagulopathy associated with Echis ocellatus (West African Carpet Viper) envenomation. Patients presenting with hemorrhagic syndrome due to envenomation were prospectively included at the Saint Jean de Dieu Hospital in Tanguiéta, Benin. Patients were randomized into two groups: one receiving antivenom and tranexamic acid (SAV + AT) and one receiving only antivenom (SAV). All patients received two vials of InoserpTM PAN-AFRICA antivenom upon admission. The SAV + AT group received 1 g of tranexamic acid over 30 minutes, followed by an additional 1 g over 8 hours. The occurrence of bleeding and the results of blood coagulation tests (whole blood clotting test or WBCT) were recorded at 2, 4, 6, 8, 12, 24, 48, and 72 hours after the initial antivenom administration. Antivenom administration was repeated if bleeding occurred at any of these times. The INR (International Normalized Ratio) was measured at six and twelve hours. Tolerance was assessed at 1, 2, 4, 6, 8, 12, 24, 48, and 72 hours. Plasma creatinine was measured at 24 and 72 hours. Twenty-five patients were included: Twelve patients were in the SAV + AT group, and thirteen patients were in the SAV group. Six patients in the SAV + AT group and five patients in the SAV group experienced persistent or recurrent bleeding (p = 0.695). There was no significant difference in WBCT at different time points between the two groups, nor in INR at 6 and 12 hours. There were no adverse effects suggesting intolerance to tranexamic acid (e.g., ocular abnormality, convulsions, or thrombosis), and plasma creatinine levels did not differ significantly between the two groups. Systematic use of tranexamic acid showed no benefit for hemorrhagic syndrome and coagulopathy associated with E. ocellatus in Benin. Therefore, the indications for this adjunctive treatment need to be clarified. Le syndrome hémorragique contribue à une grande partie de la mortalité et de la morbidité associées aux morsures de serpent en Afrique subsaharienne. L’hyperfibrinolyse rapportée dans certains cas suggère l’intérêt des antifibrinolytiques mais ces derniers ont été peu étudiés dans ce contexte. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt de l’association de l’acide tranexamique et d’un antivenin dans le traitement du syndrome hémorragique et de la coagulopathie associés à l’envenimation par Echis ocellatus (échide ocellée). Des patients envenimés présentant un syndrome hémorragique ont été inclus prospectivement à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, au Bénin. Les patients ont été randomisés en deux groupes : un groupe recevant un antivenin et de l’acide tranexamique (groupe SAV + AT) versus un groupe recevant uniquement l’antivenin (groupe SAV). Tous les patients ont reçu deux flacons d’antivenin InoserpTM PAN-AFRICA à leur admission. Dans le groupe SAV + AT, les patients ont reçu 1 g d’acide tranexamique en 30 minutes, puis 1 g en 8 heures. La survenue d’un saignement et le résultat du test de coagulation sanguine (test de coagulation sur tube sec ou TCTS) ont été recueillis 2, 4, 6, 8, 12, 24, 48 et 72 heures après la première administration d’antivenin. L’administration d’antivenin était renouvelée en cas de saignement à l’un de ces temps. L’INR (International Normalized Ratio) a été mesuré à 6 et 12 heures. La tolérance a été évaluée à 1, 2, 4, 6, 8, 12, 24, 48 et 72 heures. La créatinine plasmatique a été mesurée à 24 et 72 heures. Vingt-cinq patients ont été inclus : 12 patients dans le groupe SAV + AT contre 13 patients dans le groupe SAV. Six patients ont présenté une persistance ou une récidive du saignement dans le groupe SAV + AT contre 5 dans le groupe SAV (p = 0,695). Aucune différence significative du TCTS n’a été observée aux différents temps entre les deux groupes, ni pour l’INR à 6 et 12 h. Aucun effet indésirable suggérant une intolérance à l’acide tranexamique n’a été constaté (anomalie oculaire, convulsions, thrombose), tandis que la créatinine plasmatique était sans différence significative entre les deux groupes. L’utilisation systématique de l’acide tranexamique n’a montré aucun bénéfice dans le syndrome hémorragique et la coagulopathie associés à E. ocellatus au Bénin. Les indications de ce traitement d’appoint méritent donc d’être précisées.