The process of updating the Core Competencies for Public Health in Canada, Release 1.0, was initiated in 2023 using a multi-method approach. This included evidence syntheses, an extensive engagement process to ensure relevance to current public health challenges and a Delphi survey. The objective of this study was to assess agreement on the updated competency statements among a diverse range of public health professionals, educators, policymakers, and community representatives across Canada. A modified Delphi survey was conducted in English and French to assess agreement with 68 draft competency statements across 10 categories. Eligible participants were members of the Canadian public health community who were 18 years of age or older and able to participate in either official language. Participants rated their agreement with each statement using a 6-point Likert scale, with an a priori agreement threshold set at 70%. Agreement was defined as the number of participants who responded with 'agree' or 'strongly agree' to a statement, with a predefined threshold set at 70%. Open-ended text boxes allowed for qualitative feedback, which was analyzed thematically. High agreement was achieved across all competency categories and statements, with a mean agreement level of 86.1% and an average of 551 responses per statement. The highest agreement was found in the Communication category (mean agreement of 91.5%), while the Public Health Advocacy category had the lowest agreement (79.5%). Participants expressed strong support for the inclusion of new categories and updated statements not present in Release 1.0, particularly those emphasizing social justice, technology, and advocacy. Thematic analysis revealed widespread appreciation for the update and its enhanced focus on social justice, health equity, and Indigenous inclusion, alongside concerns about tailoring expectations based on professional roles and experience. The high agreement obtained from a diverse cross-section of stakeholders affirms the relevance of the revised categories and statements to contemporary and future public health practice. These findings supported the finalization of the Core Competencies for Public Health in Canada, Release 2.0. Ongoing efforts will focus on engaging knowledge user groups and embedding the competencies into workforce planning, development, education, and training. RéSUMé: OBJECTIFS: Le processus de mise à jour des Compétences essentielles en santé publique au Canada, version 1.0, a été amorcé en 2023 selon une approche multiméthode. Celle-ci comprenait des synthèses de données probantes, un vaste processus de mobilisation visant à assurer la pertinence par rapport aux enjeux actuels en santé publique, ainsi qu’un sondage Delphi. L’objectif de cette étude était d’évaluer le niveau d’accord à l’égard des énoncés de compétences mis à jour auprès d’un large éventail de professionnels de la santé publique, d’éducateurs, de décideurs politiques et de représentants communautaires à travers le Canada. MéTHODES: Un sondage Delphi modifié a été mené en anglais et en français afin d’évaluer le niveau d’accord à l’égard de 68 énoncés de compétences provisoires répartis en 10 catégories. Les participants admissibles étaient des membres de la communauté canadienne de la santé publique âgés de 18 ans ou plus, capables de participer dans l’une ou l’autre des langues officielles. Les participants ont évalué leur degré d’accord avec chaque énoncé à l’aide d’une échelle de Likert à six points, avec un seuil d’accord a priori fixé à 70%. L’accord était défini comme le nombre de participants ayant répondu « d’accord» ou « tout à fait d’accord» à un énoncé, selon le seuil prédéfini de 70%. Des champs de texte libre permettaient de formuler des commentaires qualitatifs, qui ont été analysés selon une approche thématique. RéSULTATS: Un niveau d’accord élevé a été obtenu pour l’ensemble des catégories de compétences et des énoncés, avec un taux moyen d’accord de 86,1% et une moyenne de 551 réponses par énoncé. La catégorie Communication affichait le taux d’accord le plus élevé (moyenne de 91,5%), tandis que la catégorie Plaidoyer en santé publique présentait le taux le plus faible (79,5%). Les participants ont exprimé un fort appui à l’ajout de nouvelles catégories et à la mise à jour des énoncés absents de la version 1.0, en particulier ceux mettant l’accent sur la justice sociale, la technologie et le plaidoyer. L’analyse thématique a révélé une large appréciation de la mise à jour et de son accent accru sur la justice sociale, l’équité en santé et l’inclusion des peuples autochtones, ainsi que des préoccupations concernant l’adaptation des attentes selon les rôles professionnels et l’expérience. CONCLUSION: Le niveau élevé d’accord obtenu auprès d’un large éventail de parties prenantes confirme la pertinence des catégories et des énoncés révisés pour la pratique de la santé publique, tant actuelle que future. Ces résultats ont appuyé la finalisation des Compétences essentielles en santé publique au Canada: version 2.0. Les efforts en cours viseront à mobiliser les groupes d’utilisateurs des connaissances et à intégrer les compétences dans la planification, le développement, la formation et l’éducation de la main-d’œuvre.
The 2008 core competencies for the public health in Canada were used extensively however were outdated. Our objective was to determine and conduct a consultation and engagement process to update the core competencies. This study describes the approach and methods used. Feminist community-based research informed the multiple methods used to gather explicit and tacit expertise on essential knowledge, skills, and attitudes for the updated competencies. Recommendations from published literature were adapted for project governance, literature reviews, engagement, and integration of feedback on competency statements based on principles of reflection, reflexivity, equity, and transparency. More than 2300 members of the public health community contributed to updating the core competencies via in-person and virtual engagement sessions. Participants were from every province and territory and a range of public health disciplines, roles, and system levels, with a focus on integrating Indigenous and Black Health Leaders' perspectives. Over 2200 comments and edits received informed successive competency drafts. The updated core competencies incorporate timely issues, such as climate change and planetary health, for evidence-informed public health practice and policy. They emphasize the importance of First Nations, Inuit, and Métis approaches and ways of knowing, of integrating Black Health and anti-Black racism, as well as grounding values of health equity, social justice, and accountability in public health practice and policy. This manuscript adds to the international body of knowledge on methods for modernizing core competencies for public health workforce development and training. RéSUMé: OBJECTIFS: Publiées en 2008, les compétences essentielles en santé publique au Canada ont d’abord été largement utilisées sur les lieux de travail et en éducation. Elles ont toutefois fait l’objet de critiques et sont vite devenues désuètes. La présente étude vise à décrire l’approche adoptée et les méthodes employées dans le cadre de la modernisation des compétences essentielles en santé publique au Canada. Les résultats de consultations approfondies démontrent l’étendue de l’influence de la communauté de la santé publique, en plus de l’ampleur et de la portée de la participation de ses membres à l’élaboration de la liste définitive des compétences essentielles révisées. MéTHODES: Des approches de recherche féministes basées sur la communauté ont orienté les diverses méthodes utilisées pour rassembler l’expertise à jour, explicite et tacite en ce qui concerne les connaissances, les compétences et les attitudes essentielles à l’élaboration des compétences essentielles révisées. Selon des recommandations tirées de documents publiés, les méthodes utilisées en matière de gouvernance de projet, de valeurs internes, d’examen des documents, d’engagement auprès de la communauté de la santé publique et d’intégration sur une base itérative des rétroactions concernant les énoncés de compétences sont basées sur des principes de réflexion, de réflexivité, d’équité, de transparence et de responsabilisation. RéSULTATS: Plus de 2 300 membres de la communauté de la santé publique ont contribué d’une manière ou d’une autre à la mise à jour des compétences essentielles. Des séances d’engagement ont eu lieu, en personne et virtuellement. Une attention particulière a été accordée aux points de vue des leaders autochtones et des leaders en santé des personnes noires. Les personnes participantes étaient issues de toutes les provinces et de tous les territoires. Elles provenaient d’un vaste éventail de disciplines, de rôles et de niveaux du système. Elles ont suggéré plus de 2 200 commentaires et modifications, par écrit et par courriel. Les compétences ont été révisées selon un mode itératif afin qu’elles reflètent les différentes suggestions et vérifications. DISCUSSION: Les « Compétences essentielles en santé publique au Canada: Version 2.0», publiées en 2025, sont le fruit de la recherche féministe basée sur la communauté et de l’utilisation de diverses méthodes. Les nouvelles compétences prennent en compte des enjeux et problèmes actuels, comme les changements climatiques et la santé de la planète, afin d’orienter les politiques et les pratiques en matière de santé publique basées sur les données probantes. Une importance particulière a été portée aux approches élaborées par les Premières Nations, les Inuits et les Métis et à leurs moyens de savoir; à l’intégration de principes qui promeuvent la santé des personnes noires et qui combattent le racisme anti-noir; ainsi qu’à la justice et à la responsabilisation en matière de pratiques et de politiques en santé publique. CONCLUSION: Le présent manuscrit contribue au corpus international de connaissances sur les méthodes de modernisation des compétences essentielles qui visent le perfectionnement et la formation du personnel de la santé publique. Le processus suivi par le Canada, les défis qu’il a surmontés et sa réussite subséquente pourront servir de base à d’autres gouvernements dans l’établissement et la mise à jour de leurs compétences essentielles en santé publique.
Amidst the global COVID-19 pandemic, Nova Scotia faced significant gaps and barriers in access to testing, particularly in underserved communities and areas experiencing outbreaks. In the fall of 2020, the Public Health Mobile Units commenced as part of Nova Scotia's provincial emergency response. Implementation involved the procurement and development of 10 vans, equipment, staffing, and processes to deliver COVID-19 testing services across the province. The Public Health Mobile Unit composes a collaborative practice model functioning as a provincial team with a focus on geographic zones. These roles include Public Health Nurses, Licensed Practical Nurses, Emergency Support Aides, Drivers, Secretaries with support from leadership, and health promoters. Embracing an equity-based approach, Public Health Mobile Units offered testing in communities not otherwise easily accessed through existing Nova Scotia Health pathways, areas experiencing COVID-19 outbreaks, and priority groups that may be at risk of severe illness. The Public Health Mobile Unit (PHMU) work expanded to include supporting public health's COVID-19 response with immunization, community rapid testing, negative results, and navigating community to COVID-19 resources. Additionally, the rapid services and flexibility of the Public Health Mobile Units supported Nova Scotia during times of need in hurricanes, wildfires, and floods. The successful evaluation and engagement highlighted the trust and confidence built with the community and partners throughout the pandemic response. Thus, enabling the Public Health Mobile Units to continue delivering preventative health services as the Public Health Mobile Unit has received permanent funding and has continued as a provincial public health program since the fall of 2024. RéSUMé: CONTEXTE: Au milieu de la pandémie mondiale de COVID-19, la Nouvelle-Écosse a rencontré des barrières dans l'accès aux tests, particulièrement dans les communautés mal desservies et les zones touchées par des éclosions. À l'automne 2020, les Unités Mobiles de Santé Publique ont été lancées dans le cadre de la réponse d'urgence provinciale de la Nouvelle-Écosse. INTERVENTION: L'implémentation a impliqué l'acquisition et le développement de 10 automobiles, d'équipements, de personnel et de processus pour fournir des services de dépistage de la COVID-19 à travers la province. L'Unité Mobile de Santé Publique est un modèle de pratique collaborative fonctionnant comme une équipe provinciale avec un accent sur les zones géographiques. Les rôles comprennent des infirmières en santé publique, des infirmières auxiliaires autorisées, des aides de soutien d'urgence, des chauffeurs, des secrétaires avec le soutien de la direction et des promoteurs de la santé. RéSULTATS: Adoptant une approche fondée sur l'équité, les Unités Mobiles de Santé Publique ont offert des tests dans des communautés autrement difficilement accessibles par les voies existantes, ainsi que dans les zones touchées par des éclosions de COVID-19 et les groupes prioritaires à risque de maladie grave. Le travail des Unités Mobiles de Santé Publique s'est étendu pour inclure le soutien à la réponse de santé publique à la COVID-19 avec la vaccination, les tests rapides communautaires, les résultats négatifs et l'orientation des communautés vers les ressources COVID-19. De plus, les services rapides et la flexibilité des Unités Mobiles de Santé Publique ont soutenu la Nouvelle-Écosse en cas de besoin en raison des ouragans, d'incendies de forêt et d'inondations. IMPLICATIONS: L’évaluation concluante et l’engagement soutenu ont mis en évidence la confiance et les liens solides établis avec la communauté et les partenaires tout au long de la réponse à la pandémie. Ainsi, les Unités Mobiles de Santé Publique ont obtenu un financement permanent, leur permettant de poursuivre la prestation de services de santé préventifs, puisqu’elles sont maintenues comme programme provincial de santé publique depuis l’automne 2024.
An accurate understanding of expenditures on public health in Canada is necessary to assess value for money and advocate for sustainable public health systems. Our objective was to determine a consensus-based list of public health expenditure items. We conducted a two-round, online modified Delphi study with public health physicians from across Canadian provinces. Participants rated the extent to which expenditure items in existing Canadian expenditure records should be classified as public health. In round 1, 78 expenditure items were assessed. In round 2, only items lacking consensus were reappraised considering the group's earlier ratings. Twenty-two public health physicians across Canada participated in round 1. Consensus was reached for 46 items, most (37 items) judged outside of public health. In round 2, the 32 items without prior consensus were returned for reassessment, and consensus was reached for 20 items, again with most (17 items) excluded from public health. Screening programs and health emergency preparedness were judged within public health expenditures, while chronic disease management and primary care services were judged outside. Public health physicians agreed that most items they rated (54 of 78) belong in funding streams other than public health. Current estimates of public health expenditures may therefore be overstated, with implications for the sustainability of public health systems in Canada. RéSUMé: OBJECTIFS: Il est nécessaire de bien cerner les dépenses consacrées à la santé publique au Canada pour évaluer si celles-ci sont optimisées et plaider en faveur de systèmes de santé publique durables. Notre objectif était d’établir une liste consensuelle des postes de dépenses en santé publique. MéTHODES: Nous avons mené une étude Delphi modifiée en ligne en deux phases auprès de médecins de santé publique de toutes les provinces canadiennes. Les participants ont évalué dans quelle mesure les postes de dépenses figurant dans les registres de dépenses canadiens existants devaient être classés comme relevant de la santé publique. Lors de la première phase, 78 postes de dépenses ont été évalués. Lors de la deuxième phase, seuls les postes pour lesquels aucun consensus n’avait été atteint ont été réévalués en tenant compte des évaluations attribuées précédemment par le groupe. RéSULTATS: Vingt-deux médecins de santé publique de tout le Canada ont participé au premier tour. Un consensus y a été atteint pour 46 postes de dépenses, la plupart (37 postes) étant jugés hors du champ de la santé publique. Lors du deuxième tour, les 32 postes de dépenses n’ayant pas atteint un consensus au premier tour ont été réexaminés, et un consensus a alors été atteint pour 20 postes de dépenses supplémentaires, là encore avec la plupart (17 postes) exclus de la santé publique. Les programmes de dépistage et la préparation aux urgences sanitaires ont été jugés comme relevant des dépenses de santé publique, tandis que la prise en charge des maladies chroniques et les services de soins de première ligne ont été jugés comme n’en relevant pas. CONCLUSION: Les médecins de santé publique ont convenu que la plupart des éléments qu'ils ont évalués (54 sur 78) relèvent de dépenses autres que la santé publique. Les estimations actuelles des dépenses de santé publique pourraient donc être surévaluées, ce qui a des implications pour la viabilité des systèmes de santé publique au Canada.
Exploratory analysis conducted with the 2021/2022 age-eligible school cohorts identified lower vaccine coverage among grade 6 and 9 students of the Vancouver Coastal Health (VCH) region who were residing in neighbourhoods facing material and social deprivation. Other determinants of lower coverage included male sex, attendance in non-faith-based independent school category, and residence in rural areas. This study aimed to replicate the analysis in the 2022/2023 cohort to assess reliability across school years less affected by the pandemic and prioritise the determinants in order to implement programmatic actions to improve HPV vaccine uptake. We conducted a cross-sectional study of grade 6 and 9 students residing in the VCH region and attending VCH schools. A cross-classified multilevel model was developed to replicate and validate findings from the 2021/2022 cohort, describing associations between sociodemographic explanatory variables and underimmunisation. Public health priorities were informed by population attributable fractions (PAFs) from the final model. The final model confirmed significant associations between immunisation coverage and grade, geographic area of residence, school category, and social deprivation. Students residing in the most socially deprived areas (Q4 and Q5) had 32% (PAF = 5.3%) and 70% (PAF = 7.0%) higher odds, respectively, of being underimmunised compared to those residing in the least socially deprived areas. Students residing in socially deprived Q4 and Q5 neighbourhoods were enrolled in the majority (93%) of schools, those underimmunised were enrolled in 82% of schools, and 38 schools (11.8%) enrolled 10 or more underimmunised students. Based on these results, the baseline program was strengthened in all schools, and 38 schools were prioritised to receive enhanced public health interventions. This study confirmed previously reported associations, namely the relationship between social deprivation and underimmunisation, and underscores the need for targeted outreach to socially vulnerable families within the context of a publicly funded school immunisation program. RéSUMé: OBJECTIFS: Une analyse exploratoire menée auprès des cohortes d’élèves d’âge admissible de 2021–2022 a mis au jour une couverture vaccinale réduite chez les élèves de 6e et de 9e année de la région de la Régie de la santé du littoral de Vancouver (Vancouver Coastal Health, VCH) vivant dans des quartiers en situation de défavorisation matérielle et sociale. Les autres déterminants de cette couverture réduite étaient le sexe masculin, la fréquentation d’une école indépendante non confessionnelle et le fait de vivre en milieu rural. Nous avons cherché à reproduire cette analyse pour la cohorte de 2022-2023 afin d’en évaluer la fiabilité pour les années scolaires moins touchées par la pandémie et de hiérarchiser les déterminants en vue d’instaurer des mesures programmatiques pour améliorer le taux de vaccination contre le VPH. MéTHODES: Nous avons mené une étude transversale auprès des élèves de 6e et de 9e année vivant dans la région de la VCH et fréquentant les écoles de cette région. Nous avons élaboré un modèle multiniveau recoupé pour reproduire et valider les constats de la cohorte 2021-2022, en décrivant les associations entre les variables sociodémographiques explicatives et la sous-immunisation. Les priorités pour la santé publique ont été éclairées par les fractions attribuables dans la population (FAP) du modèle final. RéSULTATS: Le modèle final a confirmé des associations significatives entre la couverture vaccinale et le niveau scolaire, la région géographique de résidence, la catégorie de l’école et la défavorisation sociale. Les élèves vivant dans les zones les plus socialement défavorisées (les quintiles 4 et 5) présentaient des probabilités de 32% (FAP = 5,3%) et de 70% (FAP = 7%) plus élevées, respectivement, d’être sous-immunisés que ceux vivant dans les zones les moins socialement défavorisées. Les élèves vivant dans les quartiers socialement défavorisés des quintiles 4 et 5 étaient inscrits dans la majorité (93%) des écoles, ceux qui étaient sous-immunisés étaient inscrits dans 82% des écoles, et 38 écoles (11,8%) comptaient 10 élèves sous-immunisés ou plus. D’après ces résultats, le programme de base a été renforcé dans toutes les écoles, et 38 écoles ont été choisies pour faire l’objet d’interventions de santé publique renforcées. CONCLUSIONS: Notre étude confirme les associations précédemment publiées, à savoir la relation entre la défavorisation sociale et la sous-immunisation, et elle souligne le besoin d’une sensibilisation ciblée des familles socialement vulnérables dans le cadre d’un programme de vaccination en milieu scolaire subventionné par l’État.
Over the past two decades, Canada's public health system has undergone transformative structural changes that may impact chronic disease prevention (CDP). PHORCAST is a unique national study of CDP organizations in Canada that documents trends in organizational characteristics, funding, and priorities across the public health system. PHORCAST conducted national censuses of CDP organizations in 2004, 2010, and 2023, including governmental and non-governmental organizations (NGOs) that develop and deliver CDP activities (classified as "resource" and "user" organizations, respectively). A standardized questionnaire captured organizational characteristics, populations served, staffing, funding, and activities. Descriptive statistics and stratified analyses were used to describe 20-year trends. Data from 258 organizations in 2004 (92% response), 239 in 2010 (90%), and 267 in 2023 (89%) revealed: (i) a shift toward more centralized delivery of CDP activities, with fewer organizations serving local populations and more serving provincial/territorial or national jurisdictions; (ii) a growing role of NGOs, the presence of which increased from 39 to 62% among resource organizations and from 36 to 51% among user organizations; (iii) declining prioritization of CDP especially among governmental user organizations (from 43% in 2004 to 26% in 2023); (iv) reduced reliance on federal/provincial funding and increased reliance on municipal and private sources; (v) persistent gaps in evaluation with only 19-22% of resource organizations reporting adequate staffing or budget; and (vi) a broadened CDP focus, particularly among NGOs, to include mental health and underserved populations. Canada's CDP landscape has become more centralized, increasingly NGO-driven, and financially unstable, with shrinking government prioritization despite rising chronic disease burdens. Strengthening system-wide capacity, evaluation infrastructure, and stable, equity-oriented funding models will be essential for building a resilient and effective CDP system. RéSUMé: CONTEXTE: Au cours des deux dernières décennies, le système de santé publique canadien a connu d'importantes transformations structurelles qui pourraient avoir une incidence sur la prévention des maladies chroniques (PMC). PHORCAST est une étude nationale unique sur les organismes de PMC au Canada qui analyse les tendances en matière de caractéristiques organisationnelles, de financement et de priorités dans l'ensemble du système de santé publique. MéTHODES: PHORCAST a mené des recensements nationaux des organismes de PMC en 2004, 2010 et 2023, y compris des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux (ONG) qui élaborent et mettent en œuvre des activités de PMC (classés respectivement comme organismes « ressources » et organismes « utilisateurs »). Un questionnaire standardisé a permis de recueillir des informations sur les caractéristiques organisationnelles, les populations desservies, le personnel, le financement et les activités. Des statistiques descriptives et des analyses stratifiées ont été utilisées pour décrire les tendances sur 20 ans. RéSULTATS: Les données provenant de 258 organisations en 2004 (92% de réponses), 239 en 2010 (90%) et 267 en 2023 (89%) ont révélé: (i) une évolution vers une mise en œuvre plus centralisée des activités de PMC, avec moins d’organisations desservant les populations locales et davantage desservant les juridictions provinciales/territoriales ou nationales; (ii) un rôle croissant des ONG, dont la présence est passée de 39% à 62% parmi les organisations de ressources et de 36% à 51% parmi les organisations utilisatrices; (iii) une baisse de la priorité accordée à la PMC, en particulier parmi les organisations utilisatrices gouvernementales (de 43% en 2004 à 26% en 2023); (iv) une dépendance réduite à l’égard du financement fédéral/provincial et une dépendance accrue à l’égardl'égard des sources municipales et privées; (v) des lacunes persistantes en matière d’évaluation,d'évaluation, seulement 19 à 22% des organismes de ressources déclarant disposer d’effectifs ou d’un budget adéquats; et (vi) un élargissement de l’orientation de la PMC, en particulier parmi les ONG, afin d’inclure la santé mentale et les populations mal desservies. CONCLUSIONS: Conclusions Le paysage de la PMC au Canada est devenu plus centralisé, de plus en plus porté par les ONG et financièrement instable, avec une priorité moindre accordée par le gouvernement malgré le fardeau croissant des maladies chroniques. Le renforcement des capacités à l'échelle du système, de l'infrastructure d'évaluation et des modèles de financement stables et axés sur l'équité sera essentiel pour bâtir un système de PMC résilient et efficace.
This research aimed to generate consensus from Canadian public health experts on organizational leadership competencies for public health governance in Canada. A three-step modified Delphi technique was used to build consensus. It included (1) identifying the list of competencies for organization leadership for public health governance based on a literature review and interviews, (2) conducting a consensus two-round modified Delphi survey with public health experts across Canada, and (3) holding an online deliberative dialogue to finalize the list of competencies and generate pathways for the uptake of competencies. Qualitative responses were analyzed using thematic analysis for Round 1. Sixty-two survey participants participated in Round 1, with a 72.58% retention rate in the second round of the Delphi. Round 3 had 12 public health experts participating in the online consensus dialogue. The Delphi technique generated 20 competencies that were identified across eight domains of systems thinking: policy development, implementation, evaluation; partnership and collaboration; equity and justice; organizational learning; oversight; resource stewardship; and legal authority. This is the first-ever study in Canada to develop organizational leadership competencies for public health governance using a consensus-based approach. The results are relevant to public health and health care organizations interested in adopting or implementing organizational-level competencies. Future research needs to explore implementation and adaptation strategies of these competencies across various public health organizations. RéSUMé: OBJECTIFS: Notre étude visait à dégager un consensus entre les spécialistes de la santé publique du Canada au sujet des compétences en leadership organisationnel nécessaires à la gouvernance de la santé publique au pays. MéTHODES: Pour forger ce consensus, nous avons utilisé une technique Delphi modifiée en trois étapes: 1) dresser la liste des compétences en leadership organisationnel pour la gouvernance de la santé publique à partir d’entretiens et d’une revue de la littérature spécialisée, 2) mener auprès de spécialistes de la santé publique du Canada un sondage de consensus Delphi modifié comportant deux cycles et 3) tenir un dialogue délibératif en ligne pour finaliser la liste et générer des pistes menant à l’adoption des compétences. Les réponses qualitatives obtenues lors du cycle 1 ont fait l’objet d’une analyse thématique. RéSULTATS: Soixante-deux personnes ont participé au cycle 1 du sondage Delphi, avec un taux de rétention de 72,58% pour le cycle 2. Douze spécialistes de la santé publique ont participé au cycle 3, le dialogue de consensus en ligne. La technique Delphi a généré 20 compétences dans huit domaines: pensée systémique; élaboration des politiques, mise en oeuvre, évaluation; partenariat et collaboration; équité et justice; apprentissage organisationnel; supervision; intendance des ressources; et pouvoir légal. CONCLUSION: Il s’agit de la toute première étude au Canada à mettre au point des compétences en leadership organisationnel pour la gouvernance de la santé publique selon une démarche consensuelle. Les résultats sont pertinents pour les organismes de santé publique et de soins de santé qui songent à adopter ou à mettre en œuvre des compétences à l’échelle organisationnelle. Les études futures devront explorer des stratégies d’application et d’adaptation de ces compétences dans divers organismes de santé publique.
Unpaid caregiving is a vital part of Canada's care economy, with nearly half of Canadians providing care without remuneration to individuals who are dependent. Despite its prevalence, limited Canadian research has explored the mental health impacts across different caregiving contexts. This study examined conditions of care that predict self-reported mental health consequences among unpaid caregivers across Canada and compared these across childcare and older adult care contexts. A convergent mixed methods design was used, leveraging data from two nationally representative surveys (N = 1997) and in-depth interviews with a subset of survey respondents (N = 102). Separate regression models were conducted for childcare and older adult care samples using caregiver mental health indicators. Results were merged using joint displays. Lack of leisure time and gender emerged as the strongest predictors of caregiver mental health across both datasets and care contexts, with women reporting greater mental health impacts of care than men. While paid care satisfaction and income were not significant predictors in quantitative models, qualitative data highlighted experiences of financial strain, care system challenges, and limited access to respite. Findings underscore the need for public health policies and other interventions that address caregivers' time constraints, gender inequities, and issues of availability or access to quality care services. This study makes a unique contribution by directly comparing childcare and older adult care caregiving experiences, highlighting both shared stressors and context-specific challenges within Canada's unpaid care landscape. RéSUMé: Les soins non rémunérés constituent un aspect essentiel de l'économie du soin au Canada. Près de la moitié des Canadiens fournissent du soin sans rémunération à des personnes dépendantes. Malgré leur importance, peu de recherches canadiennes ont exploré les répercussions sur la santé mentale dans différents contextes de prestation de soin.  OBJECTIFS: Cette étude a examiné les conditions de soin qui permettent de prédire les conséquences sur la santé mentale déclarées par les aidants non rémunérés à travers le Canada et les a comparées dans le contexte des soins aux enfants et aux personnes âgées. MéTHODES: Une méthodologie mixte convergente a été employée, s'appuyant sur les données de deux enquêtes représentatives à l'échelle nationale (N = 1997) ainsi que des entretiens approfondis auprès d’un sous-échantillon de répondants (N = 102). Des modèles de régression distincts ont été réalisés pour les échantillons de soin aux enfants et aux personnes âgées à l'aide d'indicateurs de santé mentale des aidants1. Les résultats ont été regroupés à l'aide d'affichages conjoints. RéSULTATS: Le manque de temps libre et le sexe sont apparus comme les facteurs les plus prédictifs de la santé mentale des aidants dans les deux ensembles de données et les deux contextes de soin, les femmes déclarant des répercussions plus élevées sur leur santé mentale que les hommes. Tandis que la satisfaction à l'égard du soin rémunéré et le revenu n'étaient pas des facteurs prédictifs significatifs dans les modèles quantitatifs, les données qualitatives ont mis en évidence les difficultés financières, les défis du système de soins et l'accès limité aux services de répit. CONCLUSION: Ces résultats soulignent la nécessité de mettre en place des politiques de santé publique et d'autres interventions qui tiennent compte à la fois des contraintes de temps des aidants, des inégalités de genre et des problèmes de disponibilité ou d'accès à des services de soin de qualité. Cette étude apporte une contribution unique en comparant directement les expériences des aidants dans le domaine de la garde d'enfants et des soins aux personnes âgées, mettant en évidence à la fois les facteurs de stress communs et les défis spécifiques au contexte dans le domaine du soin non rémunéré au Canada.
This study identifies trends in abusive discourse towards public health professionals (PHPs) during the COVID-19 pandemic and explores associations between abusive digital content, case numbers, deaths, and major policy announcements. Natural language processing (NLP) and large language model (LLM) techniques were used to develop a computational model to detect abusive content on X (formerly Twitter). This model was applied to abusive posts targeting PHPs during COVID-19 by examining over 1.7 million posts from January 2020 to May 2021. Associations between spikes in abuse and the number of COVID-19 cases, deaths, and government monitoring updates were explored. Pronounced surges in abusive posts coincided with rising case and death counts and the imposition of major federal COVID-19 policies, particularly during the pandemic's initial emergency response. Digital aggression increased at times of public health statements related to restrictions in social gatherings, testing criteria, vaccinations, and masking. However, during high-case periods, even statements providing case updates, expressing compassion, or urging collective responsibility coincided with higher numbers of abusive posts. This work provides insights into the pressures faced by health officials online and offers implications for designing resilient public communication during future crises. RéSUMé: OBJECTIFS: Notre étude cerne les tendances dans les propos injurieux adressés aux professionnels de la santé publique (PSP) pendant la pandémie de COVID-19 et explore les associations entre le contenu numérique offensant, le nombre de cas de COVID-19, les décès dus à la COVID-19 et les grandes annonces politiques. MéTHODES: Nous avons employé des techniques de traitement des langues naturelles (TLN) et de grand modèle de langage (GML) pour élaborer un modèle computationnel capable de détecter le contenu offensant sur X (autrefois Twitter). Nous avons appliqué ce modèle aux messages offensants ciblant les PSP pendant la COVID-19 en examinant plus de 1,7 million de messages publiés entre janvier 2020 et mai 2021. Nous avons ensuite exploré les associations entre les pics de violence numérique et le nombre de cas de COVID-19, de décès et de suivis gouvernementaux. RéSULTATS: Les hausses marquées dans les messages offensants ont coïncidé avec la montée des cas et des décès et avec l’imposition des grandes politiques fédérales de lutte contre la COVID-19, en particulier durant l’intervention d’urgence initiale contre la pandémie. Les agressions numériques ont augmenté aux moments des déclarations de santé publique sur les restrictions des rassemblements sociaux, les critères de dépistage, la vaccination et le port du masque. Cela dit, au cours des périodes où les cas étaient nombreux, même les déclarations de mise à jour sur les cas, les messages de compassion ou les exhortations à la responsabilité collective ont coïncidé avec de plus grands nombres de messages offensants. CONCLUSIONS: Cette étude apporte un éclairage sur les pressions auxquelles font face les autorités sanitaires en ligne; on peut aussi en tirer des implications pour la conception de communications publiques résilientes au cours des crises futures.
The use of psychedelics has increased in Canada in recent years. Although non-medical psilocybin use is prohibited under the Controlled Drugs and Substances Act, we previously documented the emergence of grey-market brick-and-mortar psilocybin retailers. This study examined changes in the number, composition, and geographic distribution of Canadian psilocybin retail stores between 2024 and 2025. We conducted a repeated cross-sectional assessment of psilocybin retail stores with a physical storefront in Canada that were publicly visible and indexed through systematic Google and Google Maps searches between May 2024 and July 2025. Data were collected on store location, operating status, chain affiliation, and product offerings. Per capita availability and geographic clustering were calculated using Canadian census metropolitan area and dissemination area data. Between 2024 and 2025, the number of psilocybin retail stores in Canada increased from a total of 57 to 75, a 33% increase in stores per 100,000 individuals (0.18 to 0.24). The proportion of Canadians residing within a 10-min walk of a psilocybin retail store increased from 1.4 to 1.7%. In this period, 30 of 57 outlets (52.6%) that were open in 2024 closed, while 48 new stores opened. In 2025, two large chains operated 44% of all stores in Canada. All but 2 stores (97%) were located in Ontario and British Columbia. In Toronto and Vancouver, Canada's first- and third-most populous cities, 9.5% and 29.0% of residents, respectively, lived within a 10-min walk of a psilocybin store. Psilocybin retail stores with a website sold a wide variety of products online, including dried mushrooms (98%), microdose capsules (100%), and infused edibles (89%). Sixty-nine percent offered products packaged to resemble commercial snack brands, such as Scooby-Doo Fruit Snacks and psilocybin-infused drinks styled after Arizona Iced Tea. Among outlets with online listings, 49% advertised the sale of additional psychoactive substances, most commonly N,N-dimethyltryptamine (93%) and cannabis (87%). The Canadian psilocybin retail market continues to expand substantially despite ongoing federal prohibition. The market is characterized by rapid turnover, increasing dominance of large chain operators, widespread sale of ordinary food brand-mimicking products, and marked geographic concentration in Ontario and British Columbia. The presence of a grey market may expose individuals to unregulated products and unverified health claims. Continued surveillance is warranted to monitor market evolution and to inform policy discussions regarding psilocybin regulation in Canada and elsewhere. RéSUMé: OBJECTIFS: L’utilisation de psychédéliques a augmenté au Canada ces dernières années. Bien que l’utilisation non médicale de la psilocybine soit interdite en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, nous avons précédemment documenté l’émergence des magasins physiques de psilocybine sur le marché gris. Cette étude a examiné les changements dans le nombre, la composition et la répartition géographique des magasins de psilocybine au Canada entre 2024 et 2025. MéTHODE: Nous avons effectué une évaluation transversale répétée des magasins de psilocybine avec une vitrine physique au Canada qui étaient visibles publiquement et indexés par des recherches systématiques sur Google et Google Maps entre mai 2024 et juillet 2025. Les données ont été collectées sur l’emplacement du magasin, le statut opérationnel, l‘affiliation à une chaîne, et les offres de produits. La disponibilité par habitant et le regroupement géographique ont été calculés à l’aide des données sur les régions métropolitaines de recensement et les aires de diffusion canadiennes. RéSULTATS: Entre 2024 et 2025, le nombre de magasins de psilocybine au Canada a augmenté de 57 à 75, une augmentation de 33% des magasins pour 100 000 personnes (0,18 à 0,24). La proportion de Canadiens qui habitent à moins de 10 minutes à pied d’un magasin de psilocybine a augmenté de 1,4 % à 1,7 %. Au cours de cette période, 30 des 57 points de vente (52,6 %) qui étaient ouverts en 2024 ont fermé, tandis que 48 nouveaux magasins ont ouvert. En 2025, 44 % des magasins appartenaient à seulement deux grandes chaînes au Canada. Tous les magasins sauf 2 (97 %) étaient situés en Ontario et en Colombie-Britannique. À Toronto et à Vancouver, les première et troisièmes villes les plus peuplées du Canada, respectivement 9,5 % et 29,0 % des habitants vivaient à moins de 10 minutes à pied d’un magasin de psilocybine. Les magasins de psilocybine ayant un site web vendent une grande variété de produits en ligne, tels que des champignons séchés (98 %), des capsules de microdosage (100 %) et des comestibles infusés (89 %). 69 % des magasins proposaient des produits ressemblant à des marques commerciales de collation, telles que les collations aux fruits Scooby-Doo, et les boissons infusées à la psilocybine imitant le thé glacé Arizona. Parmi les magasins ayant un site web, 49 % ont annoncé la vente de substances psychoactives supplémentaires, les plus souvent N,N-diméthyltryptamine (93 %) et du cannabis (87 %). CONCLUSION: Le marché canadien de détail de psilocybine continue de s’étendre malgré l’interdiction fédérale en cours. Le marché se caractérise par un roulement rapide, la domination croissante des entreprises à grande chaîne, la vente généralisée de produits imitant les marques alimentaires ordinaires et une concentration géographique marquée en Ontario et en Colombie-Britannique. La présence d’un marché gris peut exposer les individus à des produits non réglementés et à des allégations de santé non vérifiées. Une surveillance continue est justifiée pour surveiller l’évolution du marché et éclairer les discussions stratégiques concernant la réglementation de la psilocybine au Canada et ailleurs.
Adolescence is a time of self-discovery and development, particularly in the domains of relationships and sexuality. The use of screens during adolescence can provide outlets to access sexual health knowledge and peer support but may also expose youth to sexual health risks. To meaningfully assess factors influencing youth sexual health, engaging youth in the development of research survey tools is critical. Applying a youth participatory action research approach, this paper describes the process of co-designing a survey that integrates the present-day experiences of youth to evaluate the potential impacts of screen use on subsequent sexual health attitudes, behaviours, and risks. Two youth co-principal investigators were engaged from the onset of the study and contributed to the recruitment of six additional youth researchers. A training curriculum was co-designed; the multi-day sessions equipped the youth researchers to develop the survey. Existing validated surveys and literature were screened for potential survey questions, and smaller working groups deliberated to reach consensus on included questions and modifications. The youth researchers created a survey that consisted of nine sections: gender and sexual orientation, media and communication, sources of sexual health information and attitudes, relationships and dating, sexual activity, sexual knowledge and attitudes, dating apps, cybersex, and pornography. The team developed new questions on social media platforms, self-image, and sexual activity consent. Embedding youth in sexual health research beyond the role of advisors, but rather as co-creators, facilitates the generation of research tools that are relevant and culturally informed for adolescents. RéSUMé: CONTEXTE: L’adolescence est une période de découverte de soi et de développement, notamment dans les domaines des relations et de la sexualité. L’utilisation des écrans durant l’adolescence peut offrir des occasions d’accéder à des connaissances en santé sexuelle et à du soutien entre pairs, mais elle peut également exposer les jeunes à des risques liés à la santé sexuelle. Afin d’évaluer de manière significative les facteurs qui influencent la santé sexuelle des jeunes, il est essentiel de les mobiliser dans l’élaboration des outils de sondage en recherche. OBJECTIF: En adoptant une approche de recherche participative axée sur les jeunes, cet article décrit le processus de cocréation d’un sondage qui intègre les expériences contemporaines des jeunes afin d’évaluer les répercussions potentielles de l’utilisation des écrans sur les attitudes, les comportements et les risques ultérieurs en matière de santé sexuelle. MéTHODES: Deux jeunes coresponsables principaux de la recherche ont été mobilisés dès le début de l’étude et ont contribué au recrutement de six autres membres de l’équipe de recherche. Un programme de formation a été cocréé; les séances, réparties sur plusieurs jours, ont permis aux jeunes membres de l’équipe de recherche d’acquérir les compétences nécessaires pour élaborer le sondage. Des questionnaires validés existants ainsi que la littérature scientifique ont été examinés afin d’identifier des questions potentielles. De plus petits groupes de travail ont ensuite délibéré afin d’atteindre un consensus sur les questions retenues et les modifications à y apporter. RéSULTATS: Les jeunes chercheurs et chercheuses ont conçu un sondage composé de neuf sections: le genre et l’orientation sexuelle, les médias et la communication, les sources d’information en santé sexuelle et les attitudes, les relations et les fréquentations, l’activité sexuelle, les connaissances et les attitudes en matière de sexualité, les applications de rencontre, le cybersexe et la pornographie. L’équipe a également élaboré de nouvelles questions portant sur les plateformes de médias sociaux, l’image de soi et le consentement à l’activité sexuelle. CONCLUSION: L’intégration des jeunes dans la recherche en santé sexuelle, au-delà d’un simple rôle consultatif et plutôt à titre de cocréateurs et cocréatrices, a favorisé l’élaboration d’outils de recherche pertinents et culturellement adaptés aux réalités des adolescents et des adolescentes.
Newfoundland and Labrador's (NL) island geography heavily contributes to its high rates in the fishing and boating industry both recreationally and occupationally. Given NL culture and environmental factors, the use of bodies of water is naturally high in the province. In the absence of previous literature assessing differences in trends between recreational and occupational drowning deaths, the present study aimed to describe the epidemiology of drowning deaths in NL between 2014 and 2023. To report on the epidemiology of recreational and occupational drowning-related deaths between 2014 and 2023 in NL we utilized chart reviews of death investigation reports from the Office of the Chief Medical Examiner to identify risk factors and demographics of the decedents. Between 2014 and 2023, a total of 158 individuals fatally drowned in NL, with males (133) largely outnumbering females (25). The deaths in our sample represent 3,978 potential years of life lost due to a preventable cause. Almost all occupational and recreational deaths (99%) were unintentional and classified under the 'accident' manner of death. Most drownings resulting from recreational activities occurred in the summer months and exhibited a lack of personal flotation device (PFD) use. Occupational drownings largely occurred in the ocean (94%). The present paper presents preliminary insights into areas of improvement for policymaking and law enforcement. Gaps in vessel safety enforcement may exacerbate the risk of occupational drowning, and the lack of a requirement to wear PFDs while fishing recreationally may underlie many recreational deaths. Better PFD use, enforcement of vessel safety, and public education around safe use of bodies of water are warranted. RéSUMé: INTRODUCTION: La géographie insulaire de Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.) contribue fortement à ses taux élevés dans les secteurs de la pêche et de la navigation de plaisance, tant récréative que professionnelle. Compte tenu de la culture et des facteurs environnementaux de T.-N.-L., l’utilisation des plans d’eau y est naturellement importante. En l’absence de publications antérieures évaluant les différences de tendance entre les décès par noyade récréative et professionnelle, la présente étude visait à décrire l’épidémiologie des décès par noyade à T.-N.-L. entre 2014 et 2023. MéTHODES: Pour décrire l’épidémiologie des décès par noyade récréative et professionnelle entre 2014 et 2023 à T.-N.-L., nous avons examiné les dossiers des rapports d’enquête sur les décès du Bureau du médecin légiste en chef afin d’identifier les facteurs de risque et les caractéristiques démographiques des personnes décédées.  RéSULTATS: Entre 2014 et 2023, 158 personnes se sont noyées à T.-N.-L., les hommes (133) étant largement plus nombreux que les femmes (25). Les décès de notre échantillon représentent 3 978 années de vie potentielles perdues en raison d’une cause évitable. La quasi-totalité des décès liés au travail et aux loisirs (99%) étaient accidentels. La plupart des noyades survenues lors d’activités récréatives se sont produites durant l’été et étaient associées à l’absence de port d’un gilet de sauvetage. Les noyades professionnelles se sont produites majoritairement en mer (94%).  CONCLUSION: Le présent article offre un aperçu préliminaire des pistes d’amélioration pour l’élaboration de politiques et l’application de la loi. Les lacunes dans l’application des règles de sécurité maritime peuvent aggraver le risque de noyade professionnelle, et l’absence d’obligation de porter un gilet de sauvetage lors de la pêche récréative pourrait être à l’origine de nombreux décès liés à cette activité. Il est nécessaire d’améliorer l’utilisation des gilets de sauvetage, l’application des règles de sécurité maritime et la sensibilisation du public à la sécurité des plans d’eau.
Scaling up public health interventions is a major avenue for evidence-based public health policy. Many attempts have been made, but there have also been major difficulties and many failures. Scaling up is not easy; it is neither obvious nor spontaneous. This study sets out to clarify the concept itself, distinguish the strategies on which it is based, describe the process, and identify the factors that affect it. Semi-structured interviews were conducted with 27 scale-up experimenters from a variety of backgrounds. The interviews focused on 19 public health interventions. Scaling up is an active, progressive, and multidimensional process. It is based on a variety of strategies relating to territorial expansion, sustainability, and adaptation to the realities of the intervention. Four types of favourable decision could be identified: funding, support, commitment, and adoption; they emanate from multiple decision-makers. Eight essential activities emerged. In addition, scaling is based on organisations that adopt different conformations and different methods of identifying multipliers. Finally, six catalysts and six inhibitors were identified. This study has made it possible to stabilise the concept of scaling up and deepen our understanding of the process. New opportunities are emerging to support the players and decision-makers involved in scaling up public health interventions. Similarly, new research perspectives are emerging, in particular through the mobilisation of the political sociology of public action, and management and marketing sciences. RéSUMé: INTRODUCTION: La mise à l’échelle des interventions de santé publique est une voie majeure des politiques de santé publique fondée sur les données probantes. De nombreuses tentatives sont identifiables, de même que de grandes difficultés et quantité d’échecs. La mise à l’échelle n’est pas aisée, elle n’est ni évidente ni spontanée. OBJECTIFS: Cette étude s’attache à clarifier le concept lui-même, distinguer les stratégies sur lesquelles elle repose, décrire le processus et identifier les facteurs qui l’affectent. MéTHODES: Des entretiens semi-directifs ont été conduits auprès de 27 expérimentateurs de la mise à l’échelle aux profils variés. Au cœur des récits, 19 interventions de santé publique. RéSULTATS: La mise à l’échelle est un processus actif, progressif et multidimensionnel. Elle repose sur diverses stratégies portant sur l’expansion territoriale, la pérennisation et l’adéquation au réel de l’intervention. Quatre types de décision favorables ont pu être identifiées: le financement, le soutien, l’engagement et l’adoption; elles émanent de multiples décideurs. 8 activités essentielles sont apparues. Par ailleurs la mise à l’échelle s’appuie sur des organisations qui épousent différentes conformations et différentes méthodes d’identification des agents démultiplicateurs. Enfin 6 catalyseurs et 6 inhibiteurs ont été identifiés. CONCLUSION: Cette étude a permis de stabiliser le concept de mise à l’échelle et d’approfondir la compréhension du processus. De nouvelles opportunités émergent pour accompagner les acteurs et les décideurs impliqués dans la mise à l’échelle des interventions de santé publique. De même de nouvelles perspectives de recherche se dessinent notamment via la mobilisation de la sociologie politique de l’action publique, et les sciences de gestion et de marketing.
This quantitative study examines the factors predicting changes in trust in governments (federal and provincial/territorial), public health authorities, health scientists, and medical care providers from before the COVID-19 pandemic to May 2024. A cross-sectional online survey was conducted among Canadian adults in May 2024. Trust levels before and during the pandemic were assessed using tested and validated items across five domains-provincial and federal governments, public health authorities, health scientists, and medical care providers using Likert scales. A weighted multinomial logistic regression was used to identify factors associated with changes in trust (trust increased, trust decreased). Models were evaluated for goodness-of-fit of predicted versus observed estimates. Adults aged 34-54 were less likely to increase trust in provincial government (RRR = 0.78), and older adults (≥ 55 years) were less likely to increase trust in medical care providers (RRR = 0.36) and more likely to decrease trust in health scientists (RRR = 1.44). Respondents who declared their gender as non-binary or chose not to disclose  were less likely to increase trust in provincial governments (RRR = 0.24). However, individuals with a strong interest in science were more likely to report increased trust in public health authorities (RRR = 1.39) and in health scientists (RRR = 1.69). Vaccine-trusting individuals were more likely to report increased trust across all trust domains. The COVID-19 pandemic significantly impacted public trust in health institutions, with disparities across sociodemographic groups and regions. Trust levels were closely tied to vaccination-attitudes, underscoring the need for transparent, science-based communication and targeted interventions to rebuild trust, particularly among vaccine-hesitant populations. RéSUMé: OBJECTIF: Cette étude quantitative examine les facteurs qui prédisent les changements de confiance envers les gouvernements (fédéral et provinciaux/territoriaux), les autorités de santé publique, les scientifiques de la santé et les professionnels de la santé, entre la période précédant la pandémie de COVID-19 et mai 2024. MéTHODES: Un sondage transversal en ligne a été réalisé auprès d’adultes canadiens en mai 2024. Les niveaux de confiance avant et pendant la pandémie ont été évalués à l’aide d’items validés couvrant cinq domaines: les gouvernements provinciaux et fédéral, les autorités de santé publique, les scientifiques de la santé et les professionnels de la santé, mesurés par des échelles de Likert. Une régression logistique multinomiale pondérée a été utilisée pour identifier les facteurs associés aux changements de confiance (confiance accrue, confiance réduite). Les modèles ont été évalués pour la concordance entre les valeurs prédites et observées. RéSULTATS: Les adultes âgés de 34 à 54 ans étaient moins susceptibles d’augmenter leur confiance envers le gouvernement provincial (RRR = 0,78), et les adultes plus âgés (≥ 55 ans) étaient moins susceptibles d’augmenter leur confiance envers les professionnels de la santé (RRR = 0,36) et plus susceptibles de diminuer leur confiance envers les scientifiques de la santé (RRR = 1,44). Les personnes de genre non binaire ou ne souhaitant pas divulguer leur genre étaient moins susceptibles d’augmenter leur confiance envers les gouvernements provinciaux (RRR = 0,24). En revanche, les personnes manifestant un fort intérêt pour la science étaient plus susceptibles de signaler une confiance accrue envers les autorités de santé publique (RRR = 1,39) et les scientifiques de la santé (RRR = 1,69). Les individus favorables à la vaccination étaient plus susceptibles de rapporter une augmentation de la confiance dans l’ensemble des domaines. CONCLUSION: La pandémie de COVID-19 a eu un impact important sur la confiance du public envers les institutions sanitaires, avec des disparités selon les caractéristiques sociodémographiques et les régions. Les niveaux de confiance étaient étroitement liés aux attitudes envers la vaccination, soulignant la nécessité d’une communication transparente, fondée sur la science, ainsi que d’interventions ciblées pour rétablir la confiance, en particulier parmi les populations hésitantes à la vaccination.
The James and Hudson Bay (JHB) region in Northern Ontario is home to an estimated 12,000 people; the majority are Mushkegowuk Cree. To better respond to cardiovascular needs in the region and leverage existing partnerships between the Weeneebayko Area Health Authority's Minomathowin Department, ICES, and University Health Network, this study aimed to profile confirmed and possible heart failure (HF) prevalence among community members. A retrospective cohort design, using administrative databases housed at ICES, identified community members with possible and confirmed HF as of March 31, 2023. The eligible population included individuals alive, < 105 years of age, and living in the JHB, based on postal code. Confirmed HF cases were identified from the ICES-derived Congestive Heart Failure cohort. Possible HF was defined as the presence of HF risk factors consistent with Canadian Cardiovascular Society guideline definitions. The use of cardiovascular diagnostic tests, notably natriuretic peptide, was also explored. Of the 9495 community members who met eligibility criteria, 144 (1.5%) had confirmed HF and 993 (10.5%) met the definition of possible HF. During routine care, the use of HF diagnostic biomarker testing (brain natriuretic peptide) was low in both confirmed (17.4%) and possible HF (5.6%) cohorts when compared to measurement of potassium, hemoglobin, sodium, or creatinine testing. This study identified a significant proportion of possible and confirmed HF cases among community members residing in JHB. The findings underscore a critical need for screening and referral pathways, earlier intervention, and optimization of HF care. RéSUMé: OBJECTIFS: Environ 12 000 personnes, en majorité des Cris moskégons, vivent dans la région de la baie James et de la baie d’Hudson (RBJBH) du Nord de l’Ontario. Pour mieux répondre aux besoins cardiovasculaires de cette région et exploiter les partenariats existants entre le service Minomathowin de l’autorité régionale de la santé de Weeneebayko, l’Institut de recherche en services de santé (ICES) et le Réseau universitaire de santé, nous avons cherché à établir le profil de la prévalence de l’insuffisance cardiaque (IC) confirmée et possible chez les résidents.  MéTHODES: Une étude de cohortes rétrospective utilisant les bases de données administratives hébergées à l’ICES a identifié les résidents qui présentaient une IC possible ou confirmée le 31 mars 2023. La population admissible incluait les personnes vivantes, de moins de 105 ans, habitant la RBJBH d’après leur code postal. Les cas d’IC confirmés ont été identifiés à partir de la cohorte d’insuffisance cardiaque congestive dérivée de l’ICES. L’IC possible a été définie comme étant la présence de facteurs de risque d’IC correspondant aux définitions dans les lignes directrices de la Société canadienne de cardiologie. Nous avons aussi exploré l’utilisation de tests de diagnostic cardiovasculaires, notamment la mesure du peptide natriurétique. RéSULTATS: Sur les 9 495 résidents qui respectaient les critères d’admissibilité, 144 (1,5%) présentaient une IC confirmée et 993 (10,5%) répondaient à la définition d’une IC possible. Lors des soins courants, l’utilisation de tests de biomarqueurs diagnostiques de l’IC (peptide natriurétique cérébral) était faible, dans les cohortes avec IC confirmée (17,4%) ou IC possible (5,6%), comparativement aux tests de mesure du potassium, de l’hémoglobine, du sodium ou de la créatinine. CONCLUSION: Notre étude a relevé une proportion significative de cas d’IC possibles et confirmés chez les résidents de la RBJBH. Nos constats soulignent le besoin impérieux d’itinéraires de dépistage et d’adressage des patients, d’interventions plus hâtives et d’optimisation des soins de l’IC.
The Queen Elizabeth II (QEII) Health Sciences Centre in Halifax, Nova Scotia, is an academic, tertiary care hospital that lacked policies related to unregulated substance use, harm reduction, and addiction care. Substance use care was of poor quality and inconsistent, and the community-based standard-of-care was unavailable to hospitalized patients. A group of frontline hospital- and community-based healthcare providers, trainees, harm reduction workers, and people with lived experience organized to navigate this "policy vacuum". We invited community-based groups and resources into the hospital, developed informal policies and procedures to standardize care, and trained ourselves and others in substance use care best practices. We introduced several harm reduction initiatives from the community-including take-home naloxone kits, needle and syringe distribution, and oral and injectable opioid agonist treatment-without institutional policy support. We drafted our own informal harm reduction policies for the internal medicine inpatient unit, holding a focus group with people with lived experience for feedback and revision. This work contributed to funding for an addiction medicine consultation service and an institutional commitment to implement harm reduction-oriented substance use policies for healthcare settings across the province. Despite a lack of institutional policies or buy-in from senior leadership, harm reduction measures can be implemented in hospitals from the bottom-up and the outside-in-by healthcare providers organizing, leveraging existing community resources, and listening to people who use drugs. Clinicians at other hospitals could model our collaborative approach to improve care and push their health systems towards institutional change. RéSUMé: LIEU: Le Queen Elizabeth II Health Sciences Centre de Halifax (NouvelleÉcosse) est un hôpital universitaire de soins tertiaires qui n’avait pas de politiques liées à l’usage de substances non réglementées, à la réduction des méfaits ou aux soins des dépendances. Les soins en usage de substances y étaient de mauvaise qualité et manquaient de cohérence, et les patientes et patients hospitalisés n’avaient pas accès aux normes de soins axés sur la communauté. INTERVENTION: Nous sommes un groupe de professionnelles et de professionnels de santé de première ligne en milieu hospitalier et communautaire, de stagiaires, d’intervenantes et d’intervenants en réduction des méfaits et de personnes ayant une expérience vécue qui nous sommes organisés pour combler ce vide. Nous avons invité à l’hôpital des groupes et des ressources de proximité, élaboré des politiques et procédures informelles de normalisation des soins, et reçu et donné de la formation sur les pratiques exemplaires en matière de soins en usage de substances. RéSULTATS: Nous avons introduit plusieurs initiatives de réduction des méfaits venant de la communauté, dont des trousses maison de naloxone, la distribution d’aiguilles et de seringues et le traitement par agonistes opioïdes par voie orale et injectable, sans le soutien de l’établissement à ces réformes. Nous avons élaboré nos propres politiques informelles de réduction des méfaits pour l’unité d’hospitalisation en médecine interne en organisant un groupe de discussion avec des personnes ayant une expérience vécue pour obtenir leurs réactions et corriger le tir au besoin. Ce travail a contribué au financement d’un service de consultation en médecine des dépendances et mené à l’engagement de l’hôpital à mettre en oeuvre des politiques d’usage de substances axées sur la réduction des méfaits pour les milieux de soins de toute la province. IMPLICATIONS: Même en l’absence de politiques institutionnelles et sans l’aval de la haute direction, des mesures de réduction des méfaits dans les hôpitaux peuvent être mises en oeuvre du bas vers le haut et de l’extérieur vers l’intérieur lorsque les professionnelles et les professionnels de santé s’organisent, exploitent les ressources communautaires existantes et écoutent les personnes faisant usage de drogue. Le personnel clinique d’autres hôpitaux peut s’inspirer de notre démarche concertée pour améliorer les soins et opérer un changement institutionnel dans ses systèmes de santé.
To describe the demographic and health profiles of Black people in the African Caribbean Track Study (A/C Study) who consented to linkage to administrative databases, examine variations in healthcare use, and compare these patterns to those observed in the general population to inform efforts to reduce health disparities. Using a matched cohort design, participants who consented to administrative data linkage in the A/C Study were matched 1:10 to general population controls based on age (± 5 years), sex, and census metropolitan area. We compared sociodemographic characteristics, HIV prevalence, and healthcare use using descriptive statistics and logistic regression. Of the 1380 A/C Study participants, 309 provided consent and 115 (8.3%) were successfully linked to administrative data and matched to 1150 controls (total N = 1265). A/C Study participants were significantly more likely to reside in areas of higher material deprivation and residential instability. HIV prevalence was substantially higher in the A/C cohort compared to the general population (OR = 29.87; 95% CI, 8.10-110.12). A/C participants also had significantly higher odds of ER use (OR = 2.16; 95% CI, 1.38-3.40). No significant differences were observed in primary care visits, hospitalizations, specialist visits, or UPC index. This study highlights disparities in HIV burden and emergency care use among Black communities in Ontario, underscoring persistent inequities in access to timely, preventive care. These findings demonstrate the value of data linkage for equity-focused health system research and emphasize the need for culturally responsive interventions to improve outcomes among Black populations in Canada. RéSUMé: OBJECTIFS: Décrire les profils démographiques et sanitaires des personnes noires participant à l'étude African Caribbean Track Study (étude A/C) qui ont accepté d'être reliées à des bases de données administratives, examiner les variations dans l'utilisation des soins de santé et comparer ces tendances à celles observées dans la population générale afin d'éclairer les efforts visant à réduire les disparités en matière de santé. MéTHODES: À l'aide d'un modèle de cohorte appariée, les participants qui ont accepté le couplage des données administratives dans l'étude A/C ont été appariés à raison de 1 pour 10 à des témoins issus de la population générale en fonction de l'âge (± 5 ans), du sexe et de la région métropolitaine de recensement. Nous avons comparé les caractéristiques sociodémographiques, la prévalence du VIH et l'utilisation des soins de santé à l'aide de statistiques descriptives et d'une régression logistique. RéSULTATS: Sur les 1 380 participants à l'étude A/C, 309 ont donné leur consentement et 115 (8,3%) ont été reliés avec succès aux données administratives et appariés à 1 150 témoins (total N = 1 265). Les participants à l'étude A/C étaient significativement plus susceptibles de résider dans des zones caractérisées par une plus grande précarité matérielle et une plus grande instabilité résidentielle. La prévalence du VIH était nettement plus élevée dans la cohorte A/C que dans la population générale (OR = 29,87, IC à 95%: 8,10-110,12). Les participants A/C avaient également un risque significativement plus élevé de recours aux urgences (OR = 2,16, IC à 95%: 1,38-3,40). Aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne les consultations en soins primaires, les hospitalisations, les consultations chez des spécialistes ou l'indice de prestataire habituel de soins. CONCLUSIONS: Cette étude met en évidence les disparités en matière de charge de morbidité liée au VIH et de recours aux soins d'urgence parmi les communautés noires de l'Ontario, soulignant les inégalités persistantes dans l'accès à des soins préventifs en temps opportun. Ces résultats démontrent l'intérêt du couplage de données pour la recherche sur les systèmes de santé axée sur l'équité et soulignent la nécessité d'interventions culturellement sensibles afin d'améliorer les résultats parmi les populations noires au Canada.
This study examined temporal trends in co-infection associated with sexually transmitted and blood-borne infections (STBBIs) in Ontario and assessed associations with behavioural, social, and structural determinants within a syndemic framework. A retrospective, population-based approach was used to analyse 269,814 positive test records for chlamydia, gonorrhea, syphilis, and HIV from Ontario's public health notifiable diseases database across seven Public Health Units (PHUs) between 2013 and 2023. Co-infection was defined as ≥ 2 STBBIs diagnosed within 14 days. Descriptive statistics, Chi-square, and multivariable logistic regression were used to identify behavioural, social, and structural predictors of co-infection. Area-level marginalization was assessed using ON-Marg indices. STBBI rates steadily increased across all PHUs over the study period, with Toronto, Northwestern, and Thunder Bay District showing the highest burden. Co-infections accounted for 5.71% of infection episodes and increased significantly over time, with a 10.20% annual increase estimated using negative binomial regression (p = 0.010). Male and transgender individuals had higher odds ratios of co-infection compared to females. Behavioural factors (anonymous sex, multiple partners, condomless sex, substance use) and social vulnerabilities (underhoused/homeless, survival sex, sex work) were associated with co-infection. ON-Marg dimensions in housing, material resources, and racialized populations were also associated with higher co-infection rates while age/labour force marginalization showed an inverse relationship. The findings provide evidence consistent with syndemic patterns among STBBIs in Ontario, shaped by behavioural, social, and structural inequities. Integrated, equity-focused interventions and improved integration of co-infection data within disease surveillance systems may support more effective prevention strategies as co-infection rates rise. RéSUMé: OBJECTIFS: L’étude porte sur les tendances temporelles de co-infection associées aux infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) en Ontario et évalue les associations avec les déterminants comportementaux, sociaux et structurels dans un cadre syndémique. MéTHODES: À l’aide d’une approche populationnelle rétrospective, nous avons analysé 269814 dossiers de tests positifs pour la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et le VIH dans la base de données ontarienne des maladies à notification obligatoire dans sept bureaux de santé publique (BSP) entre 2013 et 2023. La co-infection était définie comme étant ≥ 2 ITSS diagnostiquées sur une période de 14 jours. La statistique descriptive, le khi-carré et la régression logistique multivariée ont servi à identifier les prédicteurs comportementaux, sociaux et structurels de la co infection. La marginalisation régionale a été évaluée à l’aide de l’indice de marginalisation ontarien (ON-Marg). RéSULTATS: Les taux d’ITSS ont régulièrement augmenté dans tous les BSP sur la période de l’étude, les charges de morbidité les plus élevées étant observées à Toronto, dans le Nord-Ouest et dans le district de Thunder Bay. Les co-infections représentaient 5,71% des épisodes d’infection et ont augmenté de façon significative avec le temps, avec une augmentation annuelle de 10,20% estimée par régression binomiale négative (p = 0,010). Les hommes et les personnes transgenres présentaient des rapport de cotes de co-infection plus élevés que les femmes. Les facteurs comportementaux (relations sexuelles anonymes, partenaires multiples, relations sexuelles sans condom, usage de substances) et de vulnérabilité sociale (logement précaire/itinérance, sexe de survie, travail du sexe) étaient associés à la co-infection. Les dimensions du logement, des ressources matérielles et des populations racialisées de l’indice ON-Marg étaient aussi associées à des taux de co-infection plus élevés; pour la dimension de l’âge/la population active, la relation était inverse. CONCLUSION: Ces constats confirment le caractère syndémique des ITSS en Ontario, qui sont influencées par les iniquités comportementales, sociales et structurelles. Des interventions intégrées, axées sur l’équité, et une meilleure intégration des données de co-infection dans les systèmes de surveillance des maladies pourraient favoriser des stratégies de prévention plus efficaces face à l’augmentation des taux de co-infection.
This commentary introduces the concept of Mindful Equity as a framework for embedding fairness and justice into Canadian health and social policies. While equity is often celebrated as a national value, it is too frequently treated as an afterthought-appended to policy design in symbolic ways rather than driving decisions from the outset. Drawing on personal policy experiences, and on evidence from public health and Indigenous scholarship, the commentary critiques this reactive and performative approach and argues for a more deliberate alternative. Mindful Equity requires conscious, proactive integration of equity into all stages of governance-from agenda setting and resource allocation to program monitoring and evaluation. It emphasizes awareness of historical injustices, recognition of systemic barriers, and sustained action to dismantle inequities. The framework offers practical pathways to improve the health of the populations experiencing inequities such as people living in poverty, people with disabilities, and Indigenous people, by addressing social determinants such as housing and employment, and ensures that under-resourced communities receive priority attention. This article concludes by calling for Mindful Equity to be adopted as a generalized framework across all Canadian health and social policies. Doing so would move equity from tokenism to transformation, ensuring that justice, fairness, and well-being are not optional extras but foundational principles of governance. RéSUMé: Ce commentaire présente le concept d’équité consciente (Mindful Equity) comme cadre visant à intégrer l’équité et la justice au cœur des politiques canadiennes de santé et des politiques sociales. Bien que l’équité soit souvent célébrée comme une valeur nationale, elle est trop fréquemment traitée comme une réflexion tardive — ajoutée de manière symbolique à la conception des politiques plutôt que de guider les décisions dès le départ. En s’appuyant sur des expériences personnelles en matière de politiques publiques ainsi que sur des données issues de la santé publique et des travaux universitaires autochtones, ce commentaire critique cette approche réactive et performative et plaide pour une alternative plus réfléchie et intentionnelle. L’équité consciente exige une intégration proactive et réfléchie de l’équité à toutes les étapes de la gouvernance, de la définition des priorités et de l’allocation des ressources au suivi et à l’évaluation des programmes. Elle met l’accent sur la prise de conscience des injustices historiques, la reconnaissance des obstacles systémiques et une action soutenue pour démanteler les inégalités. Ce cadre offre des pistes concrètes pour améliorer la santé des populations confrontées à des inégalités, comme les personnes vivant dans la pauvreté, les personnes handicapées et les peuples autochtones, en s’attaquant aux déterminants sociaux tels que le logement et l’emploi, et en veillant à ce que les communautés défavorisées reçoivent une attention prioritaire. L’article conclut en appelant à l’adoption de l’équité consciente comme cadre général pour l’ensemble des politiques canadiennes de santé et des politiques sociales. Une telle approche permettrait de faire passer l’équité du symbolisme à la transformation, en garantissant que la justice, l’équité et le bien-être ne soient pas des ajouts facultatifs, mais des principes fondamentaux de la gouvernance.
In Canada, most tuberculosis diagnoses occur among people previously residing in tuberculosis-endemic regions, due to progression of infection acquired prior to arrival. National guidelines recommend screening people with medical risk factors, known exposure, or specific demographic characteristics. The best strategy to reach this latter group remains uncertain, though primary care may serve as a promising entry point. We aimed to (1) describe primary care use among new permanent residents to British Columbia and (2) estimate the proportion of tuberculosis potentially preventable under a hypothetical primary care-based demographic screening policy. We conducted a retrospective, population-based study of permanent residents to British Columbia (2000-2020) using linked administrative data. We measured time to first primary care visit and assessed tuberculosis preventability among those eligible for demographic-based screening (≤ 65 years from countries with tuberculosis incidence ≥ 200 per 100,000 within 5 years of arrival). Tuberculosis was considered potentially preventable if diagnosed ≥ 12 months after first primary care visit. Among 845,821 new permanent residents, 708,813 (83.8%) accessed primary care (median months, 15) and 286,337 (33.9%) met the demographic screening criteria. During follow-up, 1315 (0.2%) were diagnosed with tuberculosis (median months to diagnosis, 48.8). Of these, 859 (65.3%) met demographic screening criteria and a primary care screening model could have potentially prevented 420 (48.9%) of these events, equivalent to one-third of all diagnoses in the cohort. Timely, demographic-based screening in primary care could have potentially prevented one-third of tuberculosis diagnoses. Strengthening engagement and reducing access barriers will be essential to support tuberculosis elimination. RéSUMé: OBJECTIFS: Au Canada, la plupart des cas de tuberculose diagnostiqués concernent des personnes ayant précédemment résidé dans des régions où la tuberculose est endémique, en raison de la progression d’une infection contractée avant leur arrivée. Les lignes directrices nationales recommandent de dépister les personnes présentant des facteurs de risque médicaux, une exposition connue ou des caractéristiques démographiques spécifiques. La meilleure stratégie pour atteindre ce dernier groupe reste incertaine, bien que les soins de première ligne puissent constituer un point d’entrée prometteur. Nous avons cherché à (1) décrire le recours aux soins de première ligne chez les nouveaux résidents permanents de la Colombie-Britannique, et (2) estimer la proportion de cas de tuberculose potentiellement évitables dans le cadre d'une politique hypothétique de dépistage démographique basée sur les soins de première ligne. MéTHODES: Nous avons mené une étude rétrospective, basée sur la population, portant sur les résidents permanents de la Colombie-Britannique (2000-2020) à l'aide de données administratives couplées. Nous avons mesuré le délai avant la première consultation en soins primaires et évalué la prévenabilité de la tuberculose chez les personnes éligibles au dépistage démographique (≤ 65 ans, originaires de pays présentant une incidence de tuberculose ≥ 200 pour 100 000 habitants dans les cinq ans suivant leur arrivée). La tuberculose était considérée comme potentiellement évitable si elle était diagnostiquée ≥ 12 mois après la première consultation en soins primaires. RéSULTATS: Sur les 845 821 nouveaux résidents permanents, 708 813 (83,8%) ont eu recours à des soins de santé primaires (médiane en mois: 15) et 286 337 (33,9%) répondaient aux critères de sélection démographiques. Au cours du suivi, 1 315 (0,2%) ont reçu un diagnostic de tuberculose (médiane en mois jusqu'au diagnostic: 48,8). Parmi eux, 859 (65,3%) répondaient aux critères de dépistage démographique et un modèle de dépistage en soins primaires aurait pu potentiellement prévenir 420 (48,9%) de ces cas, soit un tiers de l'ensemble des diagnostics dans la cohorte. CONCLUSION: Un dépistage démographique opportun en soins primaires aurait pu potentiellement prévenir un tiers des diagnostics de tuberculose. Il sera essentiel de renforcer l'engagement et de réduire les obstacles à l'accès pour soutenir l'élimination de la tuberculose.